H décembre
pas m'enchaîner de nouveau '. » — « Je perds beaucoup de temps au travail manuel. Qu'importe! Ce n'est pas pour mon plaisir. C'est la volonté de Dieu. Fiai! Que le Cœur de Jésus en tire sa gloire et moi mon bien2! »
A tous ces travaux, il ajoutera de faire la chambre du supérieur, lequel est parfois malade : « Je veux la faire le plus souvent possible, dit-il avec un esprit de foi admi= rable, en grande dévotion 3. » Au surplus, tout cela lui donnera l'expérience des choses, des personnes et de luimême. « Je fais tout et veux tout faire dans le but de me préparer à mes chères Missions. C'est là ma vocation, ma raison d'être, mon but, ce pourquoi Dieu m'a créé. Je le sens. J'en suis certain 4. » — « Mon désir des Missions et du martyre prend un caractère de sûreté qui m'étonne. Je suis surpris de tout ce que j'ose de ce côté-là5. »
A chaque fois qu'il le peut, il visite les églises. « Toutes les églises l'attiraient, nous écrit le supérieur; il ne pouvait en sortir; il aurait mangé les crucifix, les madones, les corps saints. » Les cérémonies l'enthousiasmaient. Or, l'Espagne est en quelque sorte la terre classique des belles solennités religieuses. Le 8 décembre, fête de l'Immaculée- Conception, « la première fête de l'exil », comme il l'appelle, le canon du fort annonce à la ville la grande fête de la patronne des Espagnes. « La salve a été très imposante. Les canons des divers navires du port ont répondu. Nous ne sommes pas en France, me suis-je dit, et alors ma joie eut quelque chose d'amer, car j'aime la France. » A la cathédrale, à la grand'messe, « ce fut quelque chose de splendide comme chants, cérémonie et assistance. Au Pax