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“ ce monument qui serait ainsi élevé à la
“ charité ! qui sait d’ailleurs si Dieu n'at- ï
L “ tachera pas à cette œuvre la bénédiction 3
? PE ‘ dont nous avons tant besoin pour sortir | Mt ‘de l’état de détresse où nous sommes ’
“ réduits? car elles sont bien puissantes “ Les prières des orphelins !”
L’asile de Saint-Jérôme Emilien reçut toutes ces jeunes victimes du fléau, qu’il recommandaitaux séminaires,aux communautés et autres établissements du diocèse ; Orphano tu eris adjutor, leur disait-il. LE || ‘“ Voulez-vous attirer la bénédiction du | | ciel sur vos maisons ? Adoptez ces M: | pauvres enfants.”
C'était aux laïques surtout qu'il s’adressait : “ Oh! leur disait-il. qu'ils vous “ paraîtraient intéressants et aimables, “ ces enfants, si vous saviez comme ils
sentent vivement le bien qu'on leur fait ; comme ils sont reconnaissants pour ceux qui en prennent soin, comme ils prient avec foi le Père des miséricordes pour ceux qui les assistent, comme ils s’em-
“ brassent avec de vifs transports de joie
quand ils se rencontrent après s'être cru morts ; comme ils sont émus, quand il leur faut se séparer les uns des autres pour ne plus peut-être jamais se revoir ; comme ils pleurent quand on leur rappelle le souvenir de leurs chers parents ou de quelques-unes des personnes charitables qui ont sacrifié leur vie pour les soulager dans leur malheur ; comme ils regardent avec attendrissement ceux qui les viennent voir pour les adopter, dans l'espoir d’être assez heureux pour fixer leur choix ; comme ils sont fermes et décidés, quand il leur faut rejeter les offres flatteuses de ceux qu'ils connaissent être les ennemis de leur foi ; comme elles sont sincères et abondantes les larmes qu’ils versent, quand il est question de dire adieu aux tendres mères que la Religion leur a préparées
“ dans leur malheur.”
Pendan. ‘toute cette année, son cœur et sa pensée semblèrent ne pas abandonner le sanctuaire de Notre-Dame de Bonsce-
x pour fermes ter les
S conur foi ;
abonquand endres ‘parées
œur et lonner Bonse-
cours ; non content de lui témoigner sa reconnaissance, comme nous l'avons dit, il établit dans ce sanctuaire la confrérie de Notre-Dame auxiliatrice, pour qu'elle y eût, comme il le disait, son point de ralliement.
Dix-huit cent quarante-huit ne fut pas moins éprouvé que l’année précédente.
La peur du choléra, ce fléau qui en 1832 et 1834 avait fait de grands ravages dans la population, agitait de nouveau tous les * . esprits; par ailleurs, la révolution Italienne, qui se rendait maîtresse de Rome, forçait Pie IX à fuir à Gaëte,et désolait les catholiques. L'évêque qui, comme saint Jean Chrysostome à Antioche, vivait tout entier de la vie de son peuple, l’assocliait à toutes ses émotions, et partageait À toutes ses appréhensions, essaya de calmer 13 les larmes des siens, et de leur faire
trouver,dans l'excès même de leur chagrin,
un motif de plus d'espérance, |
Dans une admirable prosopopée, il se plut à faire parler Pie IX au moment où il quittait la ville éternelle : “ Adieu, “ Rome, ville toujours chère à mon cœur, ‘€ yinea electa. Je t'ai comblée de bienfaits ; je t'ai accordé d'immenses privilèges ; je “t'ai prodigué les concessions les plus
“ libérales. Comment donc as-tu pu de- ‘venir pour moi un sujet de si grande amertume ? quomodo conversa est in amaritudinem ? (Amos, 6, 18). Cheminant tristement vers une terre étrangère, mes “ yeux baignés de larmes se fixent sur ‘toi! O ville ingrate ! Videns civilatem flevit :
super illam (Luc, 19, 41). Hélas, que de
malheurs vont venir fondre sur toi !
“ Sans Pasteur et sans Roi, tu vas être “ livrée à toutes les horreurs de la plus ‘ affreuse anarchie. Venient dies in te. Tes “ habitants, se disputant le pouvoir, vont “ devenir tes plus cruels ennemis. Circum- “ dabunt te inimicr tui (Luc, 19, 48). Des “ milliers d'étrangers, qui venaient assis- “ter à tes joyeuses solennités, vont fuir “ bien loin, comme à la vue de Babylone.
“ Pauvre peuple ! Hélas ! que vas-tu donc “ devenir! Ne serais-tu pas le jouet et la “ victime de toutes les passions déchai- “ mées, et ton sang ne va-t-il pas bientôt ‘ couler comme l’eau autour de cette nou- ‘“ velle Jérusalem! Efuderunt sang'uinem eorum tanquam aquam in circuitu Jerusalem
“ (Ds. 78, 8).”
Il envoya au saint exilé une admirable adresse où éclataient toute sa piété, son dévouement pour Rome et sa confiance en Notre-Dame de Bon-Secours :
u derande amat tris- | mes t sur ) flevit :
1e de toi !
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Des assist fuir ylone.
, donc t et la échaiientôt > NOU- “uinem usalem
irable é, son nce en
, ‘“ Au sein de notre ville de Montréal est une antique et vénérable chapelle “dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours. Là
2" se réunissent tous les jours de nombreux
*et pieux pèlerins qui vont prier pour leur se Père, aussi lui pèlerin sur une terre #"ctrangère. Ils y récitent avec des cœurs wi pleins de respect et d'amour la sublime
“ prière qu'a adressée au ciel Votre Sain- “teté dans le sanctuaire de la Trinité.
“ Cette touchante prière se répète aussi
‘aux pieds de tous les autels du Très ‘“ Naint et Immaculé Cœur de Marie ; ‘# Notre-Dame de Bon-Secours,dont le cœur ‘est si bon, entendra sans doute vos vœux ‘et ceux de vos enfants, comme elle en-
‘“ tendit ceux de Pie VII, et de tous les “ fidèles qui prièrent pour ce glorieux ‘ pontife, de sainte et heureuse mémoire.
Bientôt, nous l’espérons, la Vierge Immaculée, qui est terrible comme une armée rangée en bataille, soufllera sur ces doctrines empoisonnées qui bouleversent le monde en aveuglant les es- prits et corrompant les cœurs. Le vif éclat de sa pureté virginale dissipera ces nuages épais de sauterelles, sorties “ des puits de l’abime. Elle vous pren- ‘ dra par la main et vous conduira sur le “ trône de vos illustres prédécesseurs.”
ce
La construction d’un évêché était besoin qui s’imposait d'urgence et qf tout le monde comprenait. D'ailleurs!
ministère de Monseigneur dans le qu tier Saint-Jacques l'avait rendu très por laire parmi les Canadiens qui l’habitaid presque exclusivement ; il était donc #
que sa demande trouverait de l’écho pa les fidèles.
Il n'était pas moins confiant dans son clergé : il lui fit un appel plein de bonhomie, lui disant l’état des choses, et lui “exposant ses vues.
“ Il est question de vous mettre à con- “ tribution pour l'évêché maintenant en ‘ construction. Avant tout, je vous ferai ‘ observer que l’é tablissement d'un évêque ‘“ dans cette ville n’a rien coûté à ses ha- “ bitants, à part la donation d’un terrain “ par l’hon. D. B. Viger, et la souscrip- “tion particulière de quelques citoyens.
‘ Mon prédécesseur, d’heureuse mé- ‘“ moire, en faisant l’établissement actuel, “ dut donc se restreindre dans des dimen- “ sions fort étroites. Aussi cet édifice “est-il insuffisant depuis plusieurs an- “ nées, à cause du grand concours de ‘ prêtres et de laïques qui y arrivent jour-
“ nellement, pour leurs devoirs religieux ‘ou pour les affaires ecclésiastiques. Au “ concours du clergé et des fidèles se “joint, assez souvent, celui des évêques “ étrangers, qui daignent honorer notre ‘“ ville de leur visite, et relever, de leur ‘“ présence, la splendeur du culte catho- “ lique.
‘ Maintenant, avec la meilleure volonté “ du monde, il m'est impossible de remplir un des devoirs de l’épiscopat, celui d'exercer une honnête hospitalité, comme devrait le faire l'évêque d’une ville telle que Montréal. D'ailleurs, je
sens le besoin qu’il y a ici pour l’évêque de cette grande ville de s'entourer d’un ‘“ bon nombre de prêtres, capables de faire ‘honneur à la religion et à la patrie. Tout ‘“ cela demande un local plus spacieux et “ plus décent que l'évêché, J'aime beau- ‘ coup à être pauvre pour moi: mails, je ‘ l'avoue, un peu d’aisance en faveur des ‘autres ne me déplaît pas.
‘“ Ces divers motifs me portèrent, l’an “ dernier, à accéder aux pressantes solli- “ citations qui m'étaient faites depuis “ longtemps par les amis de l'évêché ; et “ j'acceptai leurs oblations volontaires, au “ moyen desquelles s’est fait l'extérieur
du nouvel évêché, qui ne fera pas, je crois, déshonneur à cette ville. Peutêtre même paraîtra-t-il à quelques-uns trop splendide. Mais jedois vous avouer ici qu’en cela j'ai cédé à une pensée de patriotisme et de charité: car j'ai eu uniquement en vue de donner au talent de l’ouvrier du pays une occasion solennelle de se développer et de se montrer en même temps que je croyais faire une bonne charité, en faisant gagner du pain à de bons pères de famille, à des hommes laborieux qui autrement seraient demeurés sans ouvrage. Je me serais bien passé de ce splendide; et j'aurais à coup sûr préféré quelque chose de plus simple et de plus analogue à mes goûts particuliers: mais j'ai cru que je devais avoir égard aux raisons d'intérêt public et d'honneur national, d'autant plus que, jusqu'ici l'évêché n’a pas mis un sou sur cette bâtisse, qui est uniquement l’œuvre des souscriptions de nos campagnes.
Car on y a compris que, si une paroisse doit loger son curé et ses vicaires, un diocèse doit loger son évêque et ses auxiliaires.
“ Si ces considérations vous paraissent “ de quelque poids, veuillez bien m'’ac- ‘ cueillir favorablement, dans la personne