‹ Monseigneur Plessis [microforme]Chapitre 4 sur 5 · SE NT EP EE RES · texte numérisé non relu

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recherchée des hommes d'esprit. Les choses ridicules lui causaient, même dans les circonstances les plus solennelles, des accès de gaieté qu'il ne pouvait réprimer. Plus d'une fois, on l’a vu dans la ctaire ou à l'autel, s'ariêter tout court et faire les plus grands efforts pour réprimer une malheureuse envie de rire provoquée par une peinture grotesque, un incident bizarre.

Plein de bonté et de déïérence pour ses prêtres es les jeunes ecclésiastiques, il prenait souvent plaisir à les taquiner et à les raillier avec une familiarité agréable.

Le Rév. M. Mignault, ancien curé de Chambly, dont tout le monde garde un si bon souvenir, avait été son secrétaire.

Lorsqu'il fut obligé de faire son premier sermon, à la cathédrale de Québec, il exprima à Mgr. Plessis son anxiété. “ Marche, marche, lui dit l'évêque, dis toi en montant que tu es le moins fin de la bande. ” Le jeune prêtre monta dans la chaire et s’acquitta de sa tâche avec succès, “ Eh! bien,

Hitman

lui dit Monseigneur, après le sermon, le diable at-il trouvé moyen de te dire que tu étais le plus fin ?”?

Versé dans la littérature, l'histoire et la philosophie, il avait l’esprit orné des plus riches connaissances et son heureuse mémoire lui rappelait les pages qui l’avaient le plus fr: ppé dix et vingt ans après qu’il les avait lues.

Il n'y a qu’une chose qu’il ne put jamais apprendre parfaitement, malgré ses efforts, c'est l'anglais. Il prenait plaisir à raconter lui-même ce qu’il lui était arrivé, un jour.

Une irlandaise était venue le consulter et lui avait exposé son affaire avec la faconde et l’entrain qui caractérisent les enfants de la verte Erin, les femmes surtout. Mgr.

Plessis lui répondit en anglais, et il y avait déjà plusieurs minutes qu'il parlaït, lorsque la pauvre femme lui remarqua, toute confuse, qu’elle ne comprenait pas le français.

Combien de pages il me faudrait maintenant pour rendre un digne hommage à ses

vertus sacerdotales, à son zèle admirable:

pour le salut des âmes et à ses généreux efforts pour faire fleurir dans sa patrie bienaimée la foi et les vertus qui font la force et la grandeur des nations, pour dire avec quel soin il travailla pour obtenir ce but sublime, à donner à ses prêtres la sagesse le dévouement et les autres vertus qu'il possédait lui-même à un si haut degré !

Pour donner une idée de la douce influence qu’il devait exercer sur son clergé, je ne puis mieux faire que de citer une belle parole qu'on peut regarder comme l’expression des sentiments du pays tout entier.

« Si j'avais offensé cet homme là, ” disait un jour M. Painchaud, fondateur du coilége St. Anne, je consentirais à me traîner sur les genoux, depuis mon presbytère jusqu'à Québec, pour lui demander pardon. ”

La vie de Monseigneur Plessis est pleine de grands enseignements.

A ceux qui nient ou méconnaissent les

services rendus par la religion au Canada, elle offie un sujet de mé litations profitables, et au clergé lui même, elle présente des exemples salutaires de prudence, d'énergie et de patriotisme. Elle a 1éalisé, cette vie sublime, le problème difficile de rencire à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce

qui est à César, et à la patrie ce quiest à la À patrie. Mgr. Plessis aura le mérite éternel d'avoir conduit sûrement la barque qui portait les destinées de l'église du Canada, au plus fort de la tempête, lorsqu'une main trop nerveuse ou inexpérimentée aurait pu la jeter sur les écueils, et d'avoir ouvert au catholicisme dans l'Amérique du Nord ces vastes horizons qu'il parcourt si glorieusement. Il aura aussi l'honneur d’avoir compris que la mission civilisatrice de la Nouvelle France devait se poursuivie, comme autrefois, par l'alliance et la protection | mutueile de la religion et de l1 patrie. de la foi et du patriotisme, ct que plus ln confiance du peuple dans son clergé est

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