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la rivière au Brochet et le fort Pitt. Ayant appris
“À ce dernier poste que les travaux commencés par
M. Bourassa pour se construire une maison, languissaient faute de bras, il allz rejoindre son confrère et l’aida à se loger un peu convenablement. De là M. Thibault suivit des sauvages qui le con-
-duisirent d’abord au lac Froid, à cinq jours de
marche du lac Sainte-Anne. Il y trouva une tren. ‘taine de familles d’Indiens, qui l’accablèrent de vénération. ‘ Dieu prit plaisir, ait-il, dans une ‘ lettre, à me dédommager de mes fatigues, par “la ferveur de mes néophytes.” Tous ceux qui -entendaient la langue crise se confessèrent ; les “autres éprouvèrent un sensible chagrin de ne pouvoir en faire autant.
Du lac Froid, M. Thibault se fit conduire au dac Labiche; il lui fallut, pour s’y rendre, dix jours de marche à pied, à travers les bois et mille embarras difficiles à franchir. Il y avait autour “le ce lac, une quinzaine de familles, qui reçurent de missionnaire avec une reconnaissance inexprimable. Tous se confessèrent, et furent assidus aux exercices de la mission, qui durèrent quinze jours.
Du lac Labiche, M. Thibault revint à Edmon- %on, en dix jours de marche. Il était si accablé de lassitude qu’il ressentait des douleurs dans tous les membres, et jusque dans les doigts. Il prit «dans ce fort que'ques jours de repos, puis il se remit en route pour aller rejoindre M. Bourassa au lac Sainte-Anne. Depuis qu’il avait quitté la
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Rivière-Ronge, au mois de juillet, il avait baptisé os personnes, et bénit 26 mariages. Il passa 1 hiver avec son confrère, et au printemps de 1845 il repartit pour aller évangéliser les Montagnais, Le que M. Bourassa se rendrait à la rivière
Au mois de mai 1845, M. Thibault écrivit à Mgr Provencher pour lui faire connaître quelle abondante moisson il y avait à recueillir chez la bu niontagnaise : ‘IL y a quinze jours que je
: suis arrivé ici sur un petit canot, avec un seul ÿ compagnon. J ai été accueilli avec distinction 5 por M. McKenzie, officier en charge du fort de : l Ile-à-Ja-Crosse. Je suis à l’œuvre le jour et la À ne ;: sans cesse je suis entouré de quatre-vingts É “es montagnaises, dont je ne saurais satisji aire la faim et la soif de la justice. La miséricorde divine paraît ici avec éclat. Le jour et la ; nuit, je suis employé aux saints exercices de la : mission, et mes bons sauvages, dévorés d’une : sainte avidité de connaître Dieu et les moyens : de le servir, semblent se reprocher les instants : de repos et de sommeil. Hätons-nous, se disent- : ie car nous allons peut-être mourir bientôt, et nous:
: n'aurions pas le bonheur de voir Dieu ! Je leur : fais espérer qu’ils auront, l’an prochain, des
; missionnaires qui apprendront facilement leur langue, et qui les instruiront avec plus de faci-
“ lité que je ne puis le faire.”
De tous les endroits où M. Thibault écrit, il
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annonce les mêmes bonnes nouvelles. Du portage de la Cloche où il arrive le 24 juin 1845, il écrit :
“ L'ouvrage nous accable partout où il y a des ‘ Montagnais. Plusieurs familles sont venues ici ‘ de fort loin pour entendre l’homme de Dieu. ‘Tous ceux de cette nation que j’ai vus savent ‘ maintenant prier Dieu, et connaissent les prin- ‘# cipales vérités de la religion. Ils rnt un respect ‘sans bornes pour le missionnaire, qu’ils regar- ‘ dent comme Jésus-Christ lui-même. D’après ‘€ leur rapport, toutes les nations qui sont d’ici au ‘ pôle soupireut après la connaissance du Dieu ‘ vivant. Maïs que les ouvriers sont rares! Oui, ‘ si Dieu me donne la santé et les moyens, j'irai ‘jusqu'aux extrémités du globe, chercher ces ‘ brebis infortunées, qui périssent parce qu’elles ‘ne peuvent trouver le bercail. nl faudrait ici ‘ deux missionnaires. Nous crions : à l’aide, Sei- “ gneur, à l’aide ! nos filets se rompent, nos chers ‘* Montagnais nous font mourir sous le poids de ‘ leur bonne volonté ! ”
Ces extraits donnent une idée des travaux pénibles et des courses lointaines des courageux collaborateurs que le Seigneur avait associés aux fonctions apostoliques de Mgr Provencher, et du dévouement qu’il fallait pour ouvrir ces missions sauvages.
Peu de pays au monde offrent au zèle de l’homme de Dieu un aspect aussi rebutant, si on l’envisage dans ses qualités matérielles. Les distances à parcourir sont immenses; les voies de communication étaient alors des sentiers imperceptibles, à travers les montagnes, les prairies et les forêts
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sans limites; les camps sauvages étaient épars sur le bord d’un lac, d’une rivière, ou dans les profondeurs d’une forêt, et souvent il y avait à franchir à pied des distances de dix journées pour porter les secours spirituels à un nombre de familles très limité.
Il fallait passer sa vie dans les privations, et dans un isolement qui ne permettait à l'esprit éclairé de communiquer ses pensées ou les sentiments intimes du cœur qu’à Dieu seul, au milieu des sauvages, dont la malpropreté révoltante n’inspire que dégoût !
Mais ces misères disparaissaient au souffe vivifiant des consoiations célestes. Le missionnaire pouvait-il s'arrêter à ces inconvénients tout humains et tout matériels, quand il voyait ces pauvres peuples, comme des brebis altérées, venir en foule s’abreuver à longs traits aux sources pures et intarissables de la doctrine sacrée du Sauveur des âmes !
M. Bourassa, comme son digne confrère M.
Thibault, poussa ses courses aussi loin qu’il put dans une autre direction.
Le 16 septembre 1845, il partit du lac Sainte- Anne avec un officier de la compagnie, pour se rendre à la rivière la Paix. Le 4 octobre, il était au petit lac des Esclaves, où il rencontrait un nombre considérable de sauvages et de Métis, qui s’empressèrent de profiter de sa visite. Pendant une semaine qu’il demeura à ce poste, il
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baptisa 52 enfants. Il repartit de là pour le fort de la Grande-Prairie, sur la rivière la Paix.
A son arrivée, les sauvages, avides de contempler l’homme de Dieu, couvraient le rivage. ‘ Il “fullait, dit-il, me soumettre à l'étiquette de ‘“ donner la main à cette multitude. C’était une ‘‘ fête inouïe! pauvres sauvages ! la lumière de “ l'Evangile allait briller à leurs yeux pour la ‘< première fois ! ”
Durant son séjour à la rivière la Paix, M. Bourassa administra le baptême à cent sept personnes. Il fut plusieurs fois attendri jusqu'aux larmes, en voyant de pauvres vieillards à cheveux blancs le conjurer de leur faire la charité du baptême.
Dans les missions plus rapprochées de Saint- Boniface, à la Baiïe-des-Canards sur le lac Manitoba, au Pads sur la Saskatchewan, au lac Lapluie, au lac Winnipeg, MM. Darveau et Belcourt n’épargnaient ni leurs peines ni leurs fatigues, pour instruire les néophytes, et fortifier ces chrétientés naïissantes. Les missions de la Baie- Saint-Paul et de Saint-François-Xavier étaient desservies par MM. Laflèche et Mayrand.
Mgr Provencher, en voyant se développer les rameaux de l’arbre qu’il avait arrosé de ses sueurs, bénissait la divine Providence, et n’attendait plus, pour chanter son MNunc dimittis, que de voir arriver dans son vicariat un ordre religieux sur lequel désormais il pourrait se reposer pour fournir des ouvriers dans les missions sauvages. Dieu
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était à la veille de lui donner cette consolation ; mais auparavant il voulut l’éprouver sensiblement, en lui enlevant l’un de ses plus zélés misgionnaires.
Peu de semaines après son arrivée du Canada, on apporta à Mgr Provencher la nouvelle de la mort de M. Darveau, noyé dans le lac Manitoba. Laissons-le raconter lui-même ce pénible accident.
‘Il m'arrive, écrit-il à Mgr Bourget, une ‘* nouvelle des plus affligeantes : c’est celle de la ‘mort de M. Darveau, noyé, autant qu’on en ‘‘ peut juger, le 4 juin (1844), le lendemain de son ‘ départ de la baie des Canards, pour se rendre ‘au Pads sur la Saskatchewan. Il avait visité ‘“ cette place l'an dernier.
‘‘ Les sauvages ont trouvé son corps sur la ‘ grève, son canot brisé, et la plus grande partie ‘ de ce qu’il contenait.
‘ Cette mort me jette dans un grand embarras. ‘ Voilà une grande étendue de pays sans mis- ‘ sionnaire. M. Laflèche ne sachant point le sau- ‘‘ vage, ne peut encore rendre aucun service im- ‘ portant à ces pauvres gens.
‘Il faut des prêtres pour remplacer le mort, et ‘remplir bien d’autres places qui demandent le ‘ secours de leur ministère. Aurez-vous des Oblats ‘à m'envoyer ? Le Père Iéonard écrit ici: Motre ‘€ supérieur vient de me dire que trois de nos Pères “€ jront à la Rivière- Rouge l'année prochaine. Je sou- ‘ haïte bien que cette heureuse nouvelle soit vraie.”
En attendant du secours du Canada, Mgr décida d'envoyer M. Laflèche à la mission du Pads, au printemps de 1845, et M. Belcourt à la Baie-des-
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Canards. Les ministres protestants travaillaient à semer l'erreur dans ces deux postes ; il y avait même un ministre résident au Pads, et il était à craindre qu’en ne visitant pas ces sauvages, ce ne fût une mission perdue pour les catholiques. M. Laflèche s'appliqua donc, durant l’hiver de 1844- 45, à l’étude de la langue crise, afin de se mettre en état d’instruire en cette langue.
En arrivant à la Rivière-Rouge, les Révérendes Sœurs s'étaient mises à l’œuvre de l’éducation, et déjà, au mois d’août, leur école était fréquentée par soixante enfants à Saint-Boniface ; une autre école fut bientôt ouverte à deux lieues plus haut. Dès la fin de l’année, le nombre des Sœurs ne suffisait plus aux besoins.
‘ J'ai demandé des prêtres, écrit Mgr Proven- ‘’ cher à l’évêque de Montréal, maïs il me faut ‘aussi des Sœurs Grises, afin deles répandre dans “ le pays, et de les charger de l’éducation.”
Depuis que Mgr Provencher avait fait le voyage au Canada par les Etats-Unis, il avait constaté que, par cette route, les missionnaires pouvaient être envoyés avec moins de dépenses, et qu’il ne serait plus nécessaire d’attendre pour avoir des passages de la compagnie. Il écrivit à Mgr Bourget, pour l’avertir qu’au printemps il enverrait une caravane pour rencontrer les missionnaires à la rivière Saint-Pierre, aux Etats-Unis, au cas qu’ils ne viendraient pas par les canots. Après Pannée 1845, nous verrons que ce sera désormais par cette route que viendront tous les mission-
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naires à la Rivière-Rouge. Le Révérend Père Aubert et le Frère Taché, qui vinrent dans les missions à l’été de 1845, furent les derniers qui passèrent par la voie des lacs.
Monsieur Laflèche, qui, durant l’hiver, avait fait de rapides progrès dans l’étude de la langue sauvage, partit au printemps de 1845 pour la mission du Pads, et M. Thibault, revenu l’automne précédent rendre compte de ses travaux, repartit pour un voyage de six à sept mois, devant visiter tous les postes sur sa route, en se rendant au Portage la Loche.
Monsieur Mayrand, dont la santé était chancelante, demandait à retourner au Canada. Ainsi, au lieu d'augmenter, le nombre des prêtres diminuait. Les nouveaux attendus ne feraient que
. remplacer MM. Darveau et Mayrand.
La maison dans laquelle Monseigneur avait logé les Sœurs à leur arrivée n’était pas habitable en hiver : elles furent obligées de l’abandonner pour aller occuper une partie de la maison attenante à la cathédrale, et que l’évêque avait construite pour son évêché et sa sacristie. Monseigneur était trop pauvre pour bâtir immédiatement un couvent.
Néanmoins, au printemps de 1845, il avança la somme de 50 louis sterling à un entrepreneur, pour faire couper tout le bois de la construction projetée : celui-ci, au lieu de travailler pour la mission, fit une entreprise pour d’autres, et se servit de l'argent qu’il avait reçu, pour s’acheter des outils et des provisions. Quand Mgr Provencher
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vit comment il avait été joué, il était trop tard, et il dut se résigner à subir la perte de la somme déboursée, et le retard apporté à la construction du couvent. k
Les bonnes religieuses, malgré l’espace étroit dont elles pouvaient disposer, ouvrirent un noviciat dès la première année de leur arrivée: c'était. un moyen d'augmenter leur petite communauté, et de se procurer des aides que la maison de Montréal ne pouvait pas envoyer. Leur première novice fut une Métisse, Sœur Connely ; elle fut aussi la première qui prononça ses vœux.
Parlant les langues en usage à !- Rivière-Rouge, elle rendit à la communauté d’éminents services, en se dévouant à l'instruction des jeunes filles sauvages.
Le moment arrivait où Mgr Provencher allait
voir se réaliser le plus ardent de ses désirs, celui qui depuis longtemps avait été le mobile de la plupart de ses démarches et la cause de ses .soucis.
Des religieuses se mettaient en route, au mois de juin 1845, pour venir se consacrer aux missions de la Rivière-Rouge. Le Révérend Père Aubert, Oblat de Marie Immaculée, et le Frère A. Taché, sous-diacre, avaient quitté Lachine le 24 juin, sur les canots de la Compagnie de la baie d'Hudson. Leur voyage dura deux mois. L'’évêque de Montréal avait écrit à Mgr Provencher pour lui annoncer l’heureuse nouvelle. On avait hâte de voir apparaître ces nouveaux ouviiers. Ils arri-
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vèrent le 25 août 1845, jour de la fête de saint Louis; ils amenaient avec eux deux postulantes pour les Révérendes Sœurs de Charité.
Ce jour ne fut pas seulement un jour de joie pour l’évêque de la Rivière-Rouge: il est de plus resté comme une époque remarquable dans i’histoire de ce pays.
Si le digne évêque de Saint-Boniface avait pu lire dans l'avenir, et voir à ce moment les hauts desseins que la divine Providence formait sur ce jeune et timide religieux, qui venait demander humblement sa part de labeurs dans la vigne du Seigneur, il eût dès lors entonné un double chant de reconnaissance, pour bénir le Dieu bon qui, dans ce même jour, accomplissait le dernier de ses vœux, celui de voir son successeur avant de mourir.
A l’arrivée du jeune sous-diacre, portant encore les traits d’un adolescent, Mgr Provencher sembla éprouver une espèce de désappointement ; il attendait des ouvriers prêts à se mettre à l’ouvrage ; il eût préféré voir arriver un prêtre; cependant, il ne fut pas longtemps sans s’apercevoir qu’il possédait, dans le Frère Taché, un sujet distingué, doué de rares talents et de qualités admirables.
Aussi, quelques semaines plus tard, il écrivait ces paroles à l’évêque de Québec: ‘“ Mes Taché et des ‘ Laflèche, vous pouvez m'en envoyer sans crainte.”
Il écrivit aussi à Mgr Bourget, à Montréal, et le remercia de la peine qu’il s'était donnée pour lui procurer de tels missionnaires.
‘ Mais, lui dit-il, il ne faut pas s'arrêter là ; ‘envoyez-moi encore d’autres Pères l’année pro- ‘“ chaine, et des religieuses toutes faites pour nos ‘ Sœurs : des postulantes ne sont pas assez sûres ‘ de persévérer, pour qu’on risque de les envoyer ‘ si loin.
‘ Il nous faut ici du monde capable de travail- “ler en arrivant.”
Comme Mgr Provencher destinait M. Laflèche, de Frère Taché, et même le Père Aubert, pour les missions sauvages, il prit les moyens de leur faire acquérir promptement la connaissance de la langue sauteuse. Il les réunit à l'évêché, leur donna M. Belcourt pour professeur, et la classe 8e fit deux fois par jour. Voici une lettre du mois de décembre 1845, où Mgr Provencher rend un compte assez détaillé des travaux en marche pour cette année-là, et de ceux projetés pour l’année suivante; cette lettre est adressée à Mgr Bourget.
‘ Depuis le départ de M. Mayrand, 29 août, il “n’y a rien de bien remarquable par ici. Nous “€ passons l'hiver ensemble à Saint-Boniface. M. “4 Belcourt est professeur de langue sauteuse, et “ les trois autres sont ses disciples. Il y a classe “ deux fois par jour, et étude assidue le reste du ‘ temps; toute autre étude est mise de côté. Les ‘ progrès sont rapides. M. Laflèche partira vers he mois de mars pour se rendre au Pads, afin € d'y rencontrer les sauvages; le Père Taché ira # l'y rejoindre en canot. De là ils se rendront à 46 l’Ïle-à-la Crosse et au lac des Esclaves. Ils par- —< tent pour plusieurs années probablement.
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“ disposés; il faut donc s’avancer pour recueillir ‘{ rette moisson. Les sauvages de l’Tle-à-la Crosse ‘ demandent qu'on aille les instruire : c'est pour ‘* profiter de ces bonnes dispositions qu’au prin- ‘temps je vais envoyer deux prêtres, ce qui en ‘ fera quatre lancés au loin parmi les sauvages.
‘“ Le Père Aubert doit aller avec M. Belcourt “ gur la rivière Winnipeg, à la mission de Wabas- ‘ simon, où il restera, pendant que M. Belcourt se ‘ rendra au lac Lapluie.Nous ne resterons plus que ‘trois pour desservir Saint-Boniface, Saint-Fran- ‘€ cois-Xavier, Saint-Paul des Sauteux, Notre-Dame “ de la Merci de Wabassimong, Saint-Norbert de la ‘ baie des Canards, et Sainte-Marie du Pads. Ainsi ‘il nous faut encore des ouvriers. Veuillez vous *{ intéresser pour nous. Tâchez que le bon Père Gui- ‘ gues nous envoie encore de bons sujets. Les deux " Pères venus cette année sont des gens avec qui “ nous nous arrangerons toujours bien.
‘ Monsieur Thibault a baptisé 500 cufants dans “* son excursion de l'été dernier.”
Le voyage que M. Laflèche devait faire à la mission du Pads n’eut pas lieu, faute des moyens de s’y rendre; il visita la mission à la Baie-des- Canards, et revint à Saint-Boniface, où il se prépara à partir pour l’Ile-à-la-Crosse, avec le Père Taché, qui avait été fait prêtre et avait prononcé ses vœux l’automne précédent.
Mgr Provencher avait d’abord préparé un canot et engagé des hommes pour mener les deux missionnaires par le lac Manitoba; mais sir George Simpson offrit des passages gratuits sur les barges de la compagnie.
‘ Ceci accommode beaucoup mieux ma bourse, ‘ écrit Mgr Provencher, et me donne l’assurance ‘ de voir nos missionnaires mieux traités. Le bon ‘‘ Dieu mène les gens comme il veut. Je craignais ‘‘ beaucoup que le gouverneur ne fût pas bien ‘* disposé à notre égard pour certaines raisons po- ‘ litiques ; heureusement, il n’en était rien.”
En effet, M. Laflèche et le Père Taché furent traités avec beaucoup de politesse par tous les employés de la compagnie, en particulier par M. McKenzie, qui était en charge du fort de l’Ile-àla-Crosse. Ce bon vieillard, quoique protestant, fut plein de respect et d’attention pour les deux missionnaires, à qui il donna l’hospitalité, non seulement dans le fort, mais de plus dans sa propre maison. *
Après le départ de M. Laflèche et du Père Taché, Mgr Provencher demeura seul à Saint-Boniface pour desservir trois missions: Saint-Boniface, la Baïe-Saint-Paul et Saint-François-Xavier. Monsieur Belcourt accompagnait les chasseurs à la prairie, et le Père Aubert était parti pour le lac Winnipeg.
ES dd À pe D =
‘ Je suis occupé sans interruption, écrit-il, à vi- ‘“ siter et administrer les malades, à consoler les ‘‘ familles, et à enterrer les morts. Une épidémie
* Le Père Taché, aujourd’hui archevêque de Saint-Boniface, et M. Laflèche, devenu évêque de Trois-Rivières, ont toujours conservé de ce gentilhomme le plus précicnx souvenir. 11 fut dévoué à ces missionnaires, pour qui il avait une affection sincère.
bourse, surance
Lebon raignais as bien
6 furent tous les r par M.
e l'Ile-àstant, fut eux mison seuleja propre
du Père Saint-Boint-Bonis-Xavier.
chasseurs i pour le
it-il, à vinsoler les épidémie
Ù Saint-Bois-Rivières, us précic"x pour qui il
‘° s’est déclarée le 8 juillet, le jour même du départ ‘ de MM. Taché et Laflèche, et depuis ce jour elle ‘n'a cessé de moissonner notre jeunesse. J’ai ‘enterré jusqu’à neuf personnes en un seul jour, ‘ chose inouïe dans nos annales nécrologiques, ‘et qui jette l’épouvante dans tous les cœurs.”
Si l’année 1846 fut une année de consolations spirituelles pour Mgr Provencher, les épreuves d’un autre genre ne lui furent pas épargnées. Après l’épidémie qui décima la population de la Rivière- Rouge, i! eut la douleur de voir la récolte manquer en grande partie, et toute la culonie menacée de la disette.
Au mois de septembre, les Révérends Pères Bermond et Faraud, accompagnés d’un Frère Oblat (le Frère Dubé), arrivèrent à Saint-Boniface. Ce secours, ajouté à celui du Père Aubert et de M. Belcourt, revenus à la mission, permit à Mgr Provencher de prendre un peu de repos. Les nouveaux Pères se mirent immédiatement à l’étude
de la langue sauvage, pour être prêts à partir pour les missions l’année suivante.
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