LA LETTRE COLLECTIVE
“ que Nos Seigneurs les Evêques du “ Canada devaient signer et publier “ ne vit pas ie jour.”
Evidemment, en parlant ainsi, vous nue vous doutez pas de la réponse que vous me forcez de vous donner. Eh bien! Monsieur, je dois vous dire que cette fameuse lettre pastorale dont on a tant parlé, n'a ja.
mais existé à ma connaissance du moins. Moi. pour un, el vous avez insinué que j'en étais l'auteur, je p'ai jamais vu cette lettre ; 1e n’en ai jamais entendu parler par aucun évêque, ni par qui que ce soit en leur nom.
Veuillez me comprendre, cette prétendue lettre pasterale et les prétendues négociatious sont les sources d'où ont coulé toutes les erreurs qui sont {a cause du malentendu que aous nous efforçons d'expliquer. J'ai déj nié d'une manière formeile et explicite l'existence da négociations entre le gouvernement et moi; je nie d’une manière aussi formelle et aussi explicite l'existence ou le pro-
jet d’une lettre pastorale que Nos Seigneurs les Evêques devaient si.
goer avant les élections ; je ne connaïs rien de ce document, en autant, du moins, que les évêques sont conternés.
Comme vous, comme bien d'autres, j'ai entendu parler de cette prétendue lettre, on est venu m'en entretenir, on m'en a écrit Les uns demandaient la chose comme un remède efficace, d’autres, au contraire, y voyaient un danger ; je sais qu’on en a parlé à Montréal, à Québec, Ottawa et ailleurs ; aëéan— moins, il jiéui bien contenir, monsieur, qu’une fausse affirmation ne devient pas vraie à force d’être répétée, même en pleine tourmente électorale. Je ne suis pas surpris que vous ayez cru à l’existence de ce prétendu document. Néanmoins, pour ma part, je suis encore à apprendre que l’idée d’une pareille lettre soit venue à l'esprit d'un seul évêque canadien, y compris votre serviteur. Il m'est donc acile de répondre à la demande que vous me faites : * Pourquoi la lettre “ pastorale en question ne fut-elle.
“ pas lue et ne fut-elle pas signée ?” Elle ne fut pas lue parce qu'elle n'existait pas ; elle ne fut pas signée pour la même raison ; ; elle n’a jamais vu le jour, comme lettre pastorale. Pourtant, m'objecterez-vous, monsieur, une Jettre a été écrite, a été vue, a été lue ; preuve, ce qu'écrit le Rév. Père Gendreau au Canada, en date du 24 Mai, 1893. Oui, monsieur, l'affirmation du Rév. Père ne laisse aucun doute sur le fait que quelqu'un a écrit une lettre, qu’il prétendait devoir être signée par les évêques. Je vous avoue que grande a élé ma surprise, en apprenant en 1893 que les choses avaient été si loin en 1891 et cela à l'insu de l'épiscopat que l'on mettait en scène sans s0n autorisation. Je vous le répète. monsieur, je ne sache pas que les évèques canadiens aïent jamais songé à la lettre qu’on leur prête l'intention d'avoir voulu publier avant les
élections de 1891. La seule lettre collective des évêques en 1891 est celle qui a été publiée, après les élections et qui, par conséquent, ne pouvait pas avoir été rédigée ni émise pour influencer le vote popu:
re,
Oa a été jusqu’à confondre la prétendue lettre pastorale avec la pétition que tout l'épiscopat canadien a adressée au Gouverneur-Général en conseil.