LETTRE A M. L. H. TACHÉ
J’ai écrit à un de mes neveux une lettre, dont vous auriez dû respecter le caractère privé, indiqué dans la lettre même. Vous avez cru pouvoir publier telle lettre du 20 Août. 1892.
Elle est dans le Hansard ; rapportant votre discours du mois de Mars; une assemblée politique à Waterloo en a eu de vous la lecture ; puis dans votre publication sur l’Électeur du 5 courant, vous empruntez à cette lettre le passage suivant : “Sir ‘John Thompson s’est engagé offi- “ ciellement et publiquement ; d’au- ‘tres l’ont fait privément mais solen- “ nellement.”’ Comme je n’ai rien à désavouer de ce que j'ai dit alors privément, je me soucie fort peu que vous ayez eu l’indiscrétion de le publier ; je ne le regrette que pour vous; cet acte ne se recommande pas de sa nature ; puis, en définitive, si ce procédé de votre part, n'avait pas été une indiscrétion, vous u’au riez vu dans ce que vous citez que ce qui y est contenu, au lieu d'y voir ce qui ne s’y trouve pas.
J'écrivais : ‘ Sir John Thompson ‘“ s’est engagé officiellement et publi- ‘“ quement” Tout le monde le sait bien. Le rapport de Sir John Thompson du 21 Mars, 1892, est un document ofliciel et pubhic. Je ne l'ai connu, comme les autres, qu'après qu’il eut été hivré à la publicité ; mon correspondant connaissait ce document tout aussi bien que moi, et je savais bien qu'il comprendrait parfaitement ce que mes paroles signifiaient. Puis, j'ai ajouté : ‘ d’autres ‘* se sont engagés privément, mais ‘“ solennellement.” Ici encore, mon neveu était en mesure de me comprendre. Je ne vois pas au monde que vous puissiez trouver dans ces mots une preuve que l’an m'avait äonné des assurances, au nom du Gouvernement. A ce propos, vous me dites: ‘ Donnez au pays les ‘“ noms de tous ceux qui se sont en- ‘“ gagés envers vous privément, mais ‘ solennellement.”
Ne vous est-il pas venu à la pensée que vous êtes un peu exigeant ?
Il me faudrait donner au pays les noms de tous les membres du Parlement. des sénateurs, des journalistes et autres amis qui m'ont fait visite, pendant deux mois, à Montréal et qui presque tous se sont engagés à soutenir la minorité de Manitoba dans sa lutte pour ses écoles ?
Il n’y a aucune raison de mettre tous ces noms devant le public ; je ne vous les donnerai pas ; :a chose est d'autant moins nécessaire qu'il est évident que cette liste de noms ne vous satisferait pas, puisqu'elle ne contiendrait absolument qu'un seul nom de ministre fédéral et ce nom, vous est connu, c’est celui de