‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 23 sur 60 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

MADAME GUICUARD.

Et pourquoi l'araènes-lu ici ?

OCTAVE

Parce que son père, qui est des amis aussi de JI. de Mon laiglin, a demandé à celui-ci de s'en charger.

MADAME GUICHARD

Et pourquoi ne m'as-tu jamais parlé de cette enfant et de cet ami?

OCTAVE

Parce que c'était un secret.

MADAME GUICHARD

Tu sais que je ne crois pas un mot de ce que tu me dis?

Comme il vous plaira.

MADAME GUICHARD

Je veux... je veux, entends-tu, savoir la vérité.

OCTAVE

Je vous l'ai dite.

MADAME GUICHARD

Cette enfant est ta ûile.

OCTAVE

Vous aimez mieux ça? eh bien soit, c'est ma fille.

MADAME GUICHARD

N'essaye pas de me donner le change. Oui, c'est ta fille, La mère, où est-elle?

OCTAVE

Elle est morte.

MADAME GUICHARD

Ce n'est pas vrai !

OCTAVE

Elle vit.

MAD.VMK GLiCllARD.

Tu te moques de moi.

Vous ne voulez pas me croire, ce n'est pas ma faute,

MADAME GUICIIAUD.

Pourquoi ne m'as-lu pa? dit que tu avais une enfant?

OCTAVE

Parce que cela ne m'a pas plu.

MADAME GUICIIAUD.

Ah ! c'est comme ça que tu le prends?

OCTAVE

Je le prends comme je dois avec une femme à qui l'on ne peut rien dire comme à une autre, et qui est toujours prête à faire des esclandres, comme une femme de bas étage.

MADAME GUICHARD

C'est vrai, je suis une fe:nme de rien, une fille du peuple, une femme de bas étage, comme tu dis. C'est à peine si je s:iis lire et écrire, et je parle, Dieu sait comme! J'ai été servante d'auberge, c'est vrai! mais, aujourd'hui, je suis madame Guichard ; je suis veuve, j'ai deux maisons à Paris, qui me donnent cinquante mille livres de rente. Il m'a épousée lui, Guichard, quand je n'avais rien, il ne m'a jamais causé un chagrin. C'était un brave homme.

OCTAVE

Est-ce que je vous reproche de l'avoir aimé, moi?

MADAME GUICHARD

Imbécile ! Elle était du monde, cette femme, — de ton monde à toi ?

OCTAVE

Oui.

UADAME GUICHARD.

Jolie ?

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