OÙ
OCTAVE
A la mairie du huitième arrondissement, à la date du 11 août 1862... Adrienne-Marie-Pauline...
MADAME GUICHARD
Voilà trois ans que tu me connais, tu ne t'es pas trahi une fois. Ah ! tu es trop fort pour moi, je ne pourrai plus avoir confiance en toi maintenant, moi qui croyais tout ce que lu me disais... Qu'est-ce que je vais devenir?
EUe pleure dans ses maios.
OCTAVE
Adieu !
Comment adieu?
OCTAVE
Vous avez raison ; nous ne devons plus nous revoir. Je pars,
MADAME GUICHARD
Tu pars. Eh bien, et moi?
OCTAVE
Vous, je vous rends votre liberté.
Ai MONSIEUR ALPHONSE,
MADAME GUICHARD
Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse?
OCTAVK .
Il le faut, cependant.
Il le faut! pourquoi ?
OCTAVE
Parce que, décidément, nous ne nous entendrons jamais. Il y a entre nous, ce n'est pas votre faute, une trop grande différence de caractères et d'habitudes. Vous ne pouvez vous cliangor; vous êtes violente, soupçonneuse, jalouse; moi, j'ai besoin d'épanchements intimes, je suis une nature confiante. Avec vous, auprès de vous, je m^ contrains sans cesse. J'ai toujours peur de vous faire delà peine, car je sais que vous êtes bonne au fond, et je n'oublie jamais tout ce que je vous dois. Je ne demandais qu'à vous dire la \érité, et puis j'ai eu peur que vous ne vous en prissiez à celte enfant.
UADAME GUICHARD.
Moi?
OCTAVE
Vous. Est-ce que la jalousie sait oîi elle va? J'ai résolu de me taire. U y a dans nos mœurs d'hommes du monde des sous-entendus, des nuances, des finesses que vous ne comprendrez jamais. Séparons-nous pendant que cela nous est encore possible. Une fois mariés, nous nous haïrions faute de nous comprendre. A quoi bon ?
MADAME GUICHARD
Ah! que lu me connais bien ! que tu sais bien que je ne puis pas me passer de toi . Malheureuse que je suis I Quel empire as-tu donc sur ma volonté, et que me sert d'èlre forte comme un cheval ? Tu me mènes comme tu veux. C'est que, en effet, tu es d'une autre race que moi. Tu as des petits pieds, tu as des petites mains. C'est loi la femme. Et tes