‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 26 sur 60 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

yeux, et ta voix! Je t'adore, et j'ai envie de t'étouffer; ça ne me serait pas difficile, et je te suis soumise comme un chien.

(Avec une sorte de rugissement de colère.) Ahl ah I je t'aimO^trOp 1 OCTAVE.

Non, vous ne m'aimez pas.

MADAME GUICHARD

Oh! n'abuse pas, crois-moi, n'abuse pas de ta puissance! Si jamais je me reprenais, si jamais je parvenais à te rejeter de mon cœur et de ma pensée, ce serait effrayant pour toi; je ne sais pas ce que jeté ferais! Finissons-en... La mère de cette enfant est morte, c'est bien vrai ?

OCTAVE

Je vous ai donné ma parole.

Eh bien, va chercher cette enfant, et emmenons-là. Je la prends, je me charge d'elle.

OCTAVE

Vous vous chargez de cette enfant?

MADAME GUICHARD

Oui, de l'enfant de l'autre... Tu ne diras phis que je ne t'aime pas; du reste, c'e.-t à prendre ou à laisser. Je t'en donne ma parole d'honneur de commerçatite. Tu sais, celleslà sont bon teint. Je ne t'épou?e qu'avec fa fille dans ma maison. I:t, si la mère vit, qu'elle s'alressc à moi, elle trouvera à qui parler.

OCTAVE

Soit; mais à quoi bon vous donner cet embarras, vous imposer ce sacrifice?

MADAME GUICUARD.

Cela me plaît; et à quoi bon donner cet embarras, imposer ce sacrifice à des étrangers? Tu es toute ma famille, je suis toute la tienne. 11 est naturel que la fille vive avec nous.

OCTAVE

Certainement, mais...

M A D A M i: G U I C fl A U D .

Mais quoi?

OCTAVK.

Madame de Montaiglin trouvera très-extraordinaire...

Que tu élèves ta fille, et que, moi l'épousant, je l'accepte comme la mienne?

OCTAVE

Voulez-vous que je vous dise la vérité? je crois que pour celte enfant il vaut mieux qu'elle reste ici.

MADAME GUICHARD

Je rélèverais trop mal, n'est-ce pas ? Sois tranquille, on lui donnera des maîtres.

OCTAVE

Oui ; mais, ma chère amie, on ne vient pas chez des amis, chez des gens comme il faut, leur demander de se charger d'une enfant, pour venir la leur reprendre deux heures après. Ménagez mon amour-propre! Que je n'aie pas l'air d'être mené comme si j'étais un enfant moi-même!

MADAME GUICHARD

11 n'y a pas d'amour-propre là dedans, et monsieur et madame de Montaiglin comprendront très-bien, au contraire, que tu reprennes ta fille, du moment que je consens à l'élever. Ils n'ont pas eu le temps en deux heures de s'attacher à elle, et, s'ils lui portent quelque intérêt, ils seront enchantés de ce dénoûment, qui est un grand bonheurpour cette petite.

Elle se dirige vers la porte.

OCTAVE

Où allez-vous?

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