‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 33 sur 60 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

avec cette dame, d'avoir l'air d'accepter tout ce qu'elle t'offrira, d'en être heureuse même, et nous obtiendrons ainsi d'elle qu'elle te laisse avec nous jusqu'à demain. Demain, nous n'avons plus rien à craindre d'elle.

ADRIENNE, très-attentive.

X Alors?

Alors, comme tu es intelligente, comme tu es brave, comme tu m'aimes...

ADRIENNE

Oh!..

RAYMONDE

Et, comme il ne faudra pas qu'on snche de longtemps ce que tu seras devenue, comme il faudra que j'aie l'air de l'ignorer moi-même, tu partiras d'ici toute seule, personne ne doit être dans la confidence, et tu t'en iras chez ma vieille nourrice, rue des Dames, 12, à Montmartre. N'oublie pas cette adresse, dans le cas oij je ne pourrais plus te parler seule d'ici là. Il faut tout prévoir, et qu'au premier signe tu comprennes qu'il est temps de partir.

ADRIENNE

Oh! je comprends, je comprends, sois tranquille.

RAYMONDE

Tu laisseras ici une lettre où tu diras que tu ne peux vivre ni avec moi, ni avec cette dame; et comme, après tout, cette dame n'a aucun droit sur foi, elle en prendra son p;irti et nous nous rejoindrons pour toujours. Nous partirons enfin. Je m'arrangerai de telle manière que nous ne nous quitterons plus.

ADRIENNE

Montmartre, rue des Dames, n» 12.\S'il faillit m'en iillor avant demain, tu n'aurais qu'à me dire un mot, à faire un signe, Je me sauve^Quant à ta dame, elle peut être sûre que

5i MONSIEUR ALPHONSE.

je l'adorerai lant qu'elle voudra jusqu'à demain. -Le nom de ta nourrice? '

UAYMONDE.

La mère Simon; je vais lui écrire.

ADRIENNE, bas.

M. de Montaiglin !

Page 1