‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 35 sur 60 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

SGÈiNE IX.

BIONTAIGMN, RAYMONDE.

MONTA IGL IN, tout en cachetant des lettres et en rangfaiit des papiers sur la table.

Octave t'a dit que sa femme consent à prendre cette enfant avec elle? * ^

RATMONDB.

Comment le savez-vous?

MONTAIGLIN.

Il vient de me le dire, et ma chargé de l'excuser auprès de toi et de te faire comprendre la situation.

RAYMONDE, à part.

Ah! le misérable! (Haut.) En effet, il m'a annoncé celte nouvelle.

MONTAIGLIN.

C'est ce qui pouvait arriver de p'us heureux à celto petite.

RAYMONDE

Croyez-vous que cette enfant puisse être heureuse avec ce père qui ne l'a jamais aimée et cette femme qui ne l'a jamais VU"? Qui sait si cette créature mal élevée, irascible, jalouse, ne va pas la martyriser?

MONTAIGLIN.

Non, cette femme-là n'est pas méchante.

Adrienne n'en tremble pas moins dé peur. Celait de cela que nous parlions quand vous êtes arrivé. M. Octave m'avait |)riée de la préparer à cette résolution; et, dès les premiers mots, elle a fondu en larmes, et avec dos termes si lourluints, si au-dessus de son âge, on me suppliant tellement de la gar-

der avec nous, quR je n'ai pu retenir mes larmes non plus, et que j'allais vous prier d'intercéder auprès de son père.

MONTAIGLIN.

]1 n'y a pas à essayer. Madame Guicliard a fait de cotte clause la condition expresse de son mariage. 11 vient de me le (lire. Elle aimera peut-être celte enfant. Ces natures élémeniairos et incultes sont capables de tous les excès, même dans le bien. La présence de celte enfant eût été une grande distraction pour toi, mais c'eût été aussi une gnmde responsabilité pour nous. Cette responsabilité, je l'acceptais de grand coeur, mais mieux vaut, peut-ôtr.>, qu'une^autro s'en charge. Madame Guichard est riche, elle n'aura probablement pas d'enfant. Le bonheur d'Adrienne est peut-être là. En tout cas, nous ne pouvons pas empêcher les résolutions de son père. 11 nous l'a confiée ce matin, il nous la reprend ce soir : c'est son droit et même son devoir. Pour une fois qu'il le fait, il ne faut pas le lui reprocher.

RAYMONDE

C'est juste. Mais si l'enfant ne veut pas aller avec cette femme?

MONTAIGLIN.

Il faudra bien qu'elle obéisse.

RAYMONDE

Quel titre invoquera M. Octave?

MONTAIGLIN.

Il est son père.

Qu'est-ce qui le prouve? Il ne lui a pas donné son nom, il nous l'a dit.

MONTAIGLIN.

Il a pris soin d'elle Jusqu'à présent.

RAl MONDE.

Est-ce bien sûr?

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