‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 37 sur 60 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

RAYiMONDE.

Tu me méprises?

MONTAIGLIN.

Je te plains 1

RATMONDE.

Je ne sais pas si je n'aimerais pas mieux ta colère. Tu vas douter de tout ce que je t'ai dit et de tout ce que je te dirai maintenant. Cependant, je te jure qu'il n'y a pas eu consentement de ma part. Ily a eu ignorance! Et de sa part à lui, ruse, attentat, violence! Ah! le maudit! le lâche 1 Trahison avant! abandon après; et, entre les deux, je ne sais quels conseils abominables! Mon père était mort! ma pauvre mère, qui n'avait su que m'ai mer, sans savoir me renseigner ni me défendre, elle en est morte. Si je ne me suis pas tuée, moi, c'est que je devais vivre pour cette enfant. C'était mon devoir; mais mon devoir au.-^si était de repousser ta main quand îu me l'as tendue, puisque je n'élais plus digne de toi, ou de conûer la vérité à ton h'tnneur et à ton amour; je ne l'ai pas faiti je suis une coupable vulgaire, sans excuse! Je pensais à elle tous les jours et je ne te le disais pas. Je te trompais. Tu croyais être seul dans mon cœur, elle y était avec toi. A peine étais-tu parti, que j'allais la voir. Ce n'est pas moi cependant qui ai eu la pensée de l'amener ici, c'est lui, ce matin. Il m'a menacée de la faire partir, si je ne consentais pas. J'ai consenti. Ahl que cela me fait du bien de l'avoir tout dit; mais, je t'en prie, punis- moi!

MONTAIGLIN.

Créature de Dieu, être vivant et pensant qui as failli, qui as souffert, qui te répons, qui aimes et cjui implores, où Teux-tu que je prenne le droit de te punir?

RAYMOMDE.

Ahl tu es trop noble, lu me dépasses trop! Je ne comprends plus, mais jo t'admire, je te bénis et je t'aime. Tu me

rends rnon enfant 1 tu me lo permois 1 tu veux bien que je l'embrasse devant toi! Qu'est-ce que je ferai pour toi à mon tour? Si tu suvais comme c'est beau, ce que tu fais làl Oui, oui, tu me feras oublier ma faute; moi, toute seule, je ne

pourrais pas. (U la tient sur sa poitrine avec une moin, tandis que de l'autre il s'essuie les yeux.) Tu SOUfflC'S aUSSi, tU CfOyuiS en mOi,

je te fais beaucoup de mal, et tu me liens dans tes bras et tu me tutoies comme hier. Ah! que tu es grand! ahl que lu es boni

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