ACTE TKOLSIEME
demain, ta femme, qui me pLiraît être une personne à la fois emportée, autoritaire et capricieuse, prenne cette enfant en aversion, et qu'elle exige de toi que tu l'éloignés, tu l'éloigneras de nouveau, avec autant de laisser aller que tu as fait toutes les autri's choses qui concernent cette petite. Madame de Montaiglin a donc tout lieu de supposer que l'enfant sera plus heureuse auprès d'elle qu'auprès de n'importe quelle autre personne, et elle est résolue à la garder.
OCTAVE
Ce ne sont là que des raisons; moi, j'ai des droits.
MONTAIGLIN.
Lesquels?
Je suis le père.
OCTAVE
MONTAIGLIN.
Qu'est-C3 qui le prouve?
Je le dis.
MONTAIGLIN.
Ce n'est pas une preuve irréfutable. L'enfant est déclarée père et mère inconnus, elle n'appartient pas plus à toi qu'à un autre.
OCTANE.
Ainsi, vous vous faites le complice...?
MONTAIGLIN.
Comment dis-tu?...
OCTAVE
Je vous dis : vous approuvez cette conduite et vous y encouragez madame de .Montjiglin?
MONTAIGLIN.
Moi, je ne comprends que le devoir. Or, les circonstances étant ce qu'elles sont, il s'a.^it tout simplement, pour moi, de juger quel est mon devoir. i"st-ce do garder une enfant sans
famille ou do la rendre à Pétranger qui me l'a amenée, et qui, a[>rès n'avoir vu en elle qu'un embarras, ne voit présontement en elle qu'une affaire"? Évidemment, mon devoir est de g<irder et de défendre celle orpheline. Je fais là un acte qui \x la fois satisfait ma conscience et sert les inlérèls de l'enfant; h moins que, puisque lu affirmes être le père do celte orpheline, tu ne la reconnaisses.
DIEUDONNÉ, se levant.
Commandant...
Je suis à vous tout de suite, mon cher monsieur Dieudonné.
OCTAVE
La reconnaître... la reconnaître... C'est une bien grosse affaire!... Ma femme, qu'est-ce qu'elle dira?
MONTAIGLIN.
Ceci ne regarde ni moi, ni ta fille, ni ta femme; cela ne regarde que toi...
OCTAVE
Attendons qu'elle vienne.
MONTAIGLIN.
Non; réponds immédiatement. Il y a là un notaire; Rémy et moi serons tes témoins. C'est l'affaire de cinq minutes. Puisque la femme consentait à se charger de l'enfant, elle y consentira d'autant plus volontiers que cette enfant portera ton nom.
OCTAVE
Ce n'est pas sûr; un enfant reconnu, ce n'est plus comme un enfant recueilli; il lui est constitué des droits qui deviennent très-gênants dans les affaires, les succe-sions. Jusqu'à nouvel ordre, je suis à la disposition de madame Guichard; altendons-Ia.
MONTAIGLIN.
C'est Ion dernier mot ?