SCENE VII
Les Mêmes, RAYMONDE, ADRIENNE.
RAYMONDE, faisant un très-gros effort sur eUe-même, pour paraître calme et sincère.
Mon mari vient de me faire connaître, madame, la bonne pensée que vous avez eue au sujet de cette enfant, à qui j'apprendrai à vous être leconnaissante, comme si elle était réellement ce que la loi l'a faite. Je regrette seulement que l'explication que nous avons eue aujourd'hui, M. de Montaiglin et moi, nous ne l'ayons pas eue plus tôt, vous n'auriez pas trouvé l'occasion, il est vrai, de donner celte grande preuve de cœur, mais aussi, vous n'auriez pas eu les embarras d'une situation tout à fait exceplionnelle. Heureusement, tous les intéressés savent à quoi s'en tenir sur votre compte, et ce bon mouvement vous portera bonlieur.
MADAME GUICIIARD.
Alors, vous voulez bien me donner la main, madame?
RAYMONDE
De grand cœur.
Elle lui donne la maio. MADAME GUICIIARD, à part.
Sa main tremble.
RAYMONDE
Il me reste à remercier monsieur , qui s'esl intéressé à cette petite et qui a été forcé de vous faire un mensonge que vous lui pardonnerez, je pense, comme moi. (a part.) J'étouffe I... (Haut.) Ad rien ne... va remercier monsieur, qui ne te devait rien et à qui tu dois beaucoup, surtout depuis ce malin.
ADRIENNE, h Octave en lui donnant la main.
Merci, monsieur Alphonse.
MADAME GUICHARD, en regardant Montaiglin qui va entrer en scène, dit à Octave.
Embrasse-Ia donc, cette enfant, puisqu'elle te tend le front, et que tu as été son père un moment.
MONTAIGLIN, très-simplement.
Madame a raison... Embrasse-la. (Bas, à Raymonde.) Encore un peu de courage.
RAYMONDE, à Adrienne.
Et maintenant, va embrasser madame.
ADRIENNE
Très-volontiers.
MADAME GUICHARD
La petite se troublera bien, que diable! (naut.) Vous savez, mn chère enfant, que je viens vous chercher?
ADRIENNE, simplement, et tout en faisant signe à Raymonde de ne rien craindre, qu'elle se rappelle les recommandations du second acte.
['our aller 011?
MADAME GUICHARD
Chez moi...
ADRIENNE
Pour combien de temps?
MADAME GUICHARD
Pour toujours.