‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 58 sur 60 · ACTE TROISliilME · texte numérisé non relu

ACTE TROISliilME

APRIENNE.

Est-ce que vous m'emmènerez aujourd'hui?

MADAME GUICHARD

Quand vous voudrez.

ADRIENNE

Demain alors; aujourd'hui, vous resterez avec nous.

MADAME GUICHARD

Cela ne vous fait donc pas de peine de quitter cette maison?

ADRIENNE

■ Cela m'a fait de la peine de quitter celle où j'étais depuis ma naissance. (Montrant Raymonde ) Madame a été bien bonne pour moi depuis ce matin; mais, puisque vous voulez bien vous cliarger de moi et que je n'ai pas de parents, je vous suivrai avec bonheur^ mais vous m'amènerez quelquefois ici '?

Vous m'aimerez un peu?

ADRIENNE

Je vous aime déjà.

MADAME GUICHARD

Ne me dites pas cela. Je vous regretterais trop. Car jevai.s vous dire la vérité : vous resterez toujours avec monsieur et madame. (Bas.) Elle ne bronche pas. (naut.) Et nous ne nous reverrons probablement pas.

ADRIENNE, comme émue.

Pourquoi?

MADAME GUICHARD

Parce que le commandant va emmener sa femme et que sa femme tient à vou-; garder; mais, si vous avez besoin do moi, je viendrai vous rejoindre; car, enûn, je suis votre

mère. La seconde, la troisième; enfin, j'en suis une... ça peut servir à l'occasion.

ADUIENNE .

Vous aussi, vous m'écrirez, je sais lire; vous me direz où vous serez, et je vous promets d'aller lout de suite à vous.si le mali)eur voulait que je fusse de nouveau orpheline et que je perdisse mon père et...

MADAME GUICIIARO.

Et...?

ADBIENNE, montrant Raymonde.

Et madame.

MADAME GUICIIARD, bas.

Ils mentent tous! Pourquoi? Il faudra bien qu'ils se trahissent. (Haut.) Pour vous encourager à me suivre, je vous ai apporté quelques petits présents; je les ai laissés dans ma voiture, qui est là, à la grille. Voulez-vous aller les chercher? (Adrienne sort.) AI'CZ, COUrOZ. DiteS aU COchcr de V0U3

porier ce paquet. Les chevaux sont sages, ils ne bougeront pas. Comme elle court! — Ah! mon Dieu!

RAYMONDE

Qu'est-ce qu'il y a?

MADAME GUICHARD

Elle est tombée, elle est pleine de sang.

RAYMONDE, poussant un cri déchirant et se précipitant vers la porte.

Ah!

^ MADAME GUICHAUD, l'arrêtant.

Allons donc! vous êtes la mère... J'en étais sûre. Ne vous inquiétez pas. Elle n'a pas de mal. J'ai fait comme vous; j'ai menti. Je voulais que vous vous trahissiez.

MONTAIGLIN.

Madame...

MADAME GUICIIARD, allant à Octave.

Ne craignez rien ; je sais ce que je fais, (a octave, qui fait un

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