ACTE TROISIÈME
mouvement.) Tu m'as donc crue bien bête? Je comprends tout. Celte enfant, c'est ta Qlle, et tu l'as laissée à des mercenaires; et tu allais la voir une fois tous les deux ans; cette femme, lu l'as séduite, lu l'as rendue mère et tu l'as abandonnée; cet homme qui était ton ami, lu l'as contraint, pour sauver l'honneur de sa femme, à reconnaître ton enfant. Et lu as signé comnrie témoin, toi le père! misérable! Et tout cela pour pouvoir faire le beau avec l'argent de Victoire, l'ancienne fille d'auberge ! L'honneur de l'une et les pièces de cent sous de l'autre... rien que ça! Et les lois pour empêcher ses infamies, oii sont-elles? Il n'y en a pas. On a oublié de les faire. Et, d'ailleurs, c'est l'amour! Voilà l'homme ou plutôt les hommes. Car l'homme, celui qui mérite ce nom, le chef, le guide, le maîlre, le sauveur, le voilà! (EUe montre MoDtaigiin.) Comme c'était difficile à deviner, à sentir, que c'était lui l'honnête homme, et toi le gredin! Quand on pense que j'allais épouser ce pierrot-là... Allons, va-t'en... h t'assommerais. J'ai fendu plus dur que toi à l'auberge du Lion d'or... Tu vas quitter la France, et que je ne t'y rencontre jamais. Tu peux garder tout ce que lu as reçu de moi. Et, maintenant, file !
MONTAIGLIN, à Octave, froidement.
Tu peux le retirer.
Octave sort en s'essuyant faussement les yeux. MADAME GUICHARD.
Oh! tu peux faire semblant de pleurer... C'est bien fini. (a Raymonde et à Montoigiin.) Je VOUS demande pardon, mais j'avais besoin de me soulager, ça va mieux. Enfin ! me voilà veuve d'un mari que je n'ai jamais eu, et mère d'un enfant que je n'ai pas fait; ça me suffit. Toi, ma petite, je l'ai fait peur. J'ai trop crié! Je ne recommencerai plus, et je t'aimerai bien, de loin, puisque tu v;is partir; mais nous nous reverrons, plus tard, quand ton père sera sûr que je suis uno bonne femme. Ce mutin, lu n'avais pas de famille, ce soir,
lu as un père comme il y on a peu et deux mères, et deux bonnes, je t'en réponds... Tu ne comprends pas grand'clio-e à tout cela. Tant mieux... Laisse-toi aimer, ça t'expliquera lout.
0 cœur humain, changeant comme la mer, profond comme
le ciel, mystérieux comme l'infini! (leDdant la main à madame
Montaigiin.) Ma femme! (a madame Guichard.) Mon amie!
MADAME GUICHARD
Ah! commandant!
MONTAIGLIN, à Adrienne.
Ma fille !
ADRIENNE , pnihrassant Montaigiin Mon père! (Revenant embrasser madame Guichard.) Ma mère! Sautant au cou de Raymonde. Maman 1
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