‹ Monsieur Brouillon, ou, L'ami de tout le mondeChapitre 4 sur 19 · LE BARON, JULIE · texte numérisé non relu

LE BARON, JULIE

LE B A RON

Comme le voilà belle dès le matin, ma "fille, on croirait que tu as des desseins.

Aucun , je vous assure.

LE BARON

Oli ! cette parure là n'est pas pour moi. Ton père l« trouvera toujours bien, mais le petit cousin...

JULIE

Auguste , mon père ! croyez-vous qu'il me regarde avec moins d'indulgence que vous ?

L E BAnoN Je ne dis pas cela , mais on n"a pas besoin de faire tant de frais poui plaire : la simpKcilé et la ujodestie sont les armes des filles , comme la parure et la coquetterie sont la ressource des femmes.

J D L lE.

Oh! mon père, quand je serai mariée, je verrai ce que j'aurai à faire pour n'être pas moins aimée qu'avant mon mariage.

Mais connais-tu bien toutes les obligations du nœud que * tu vas contracter ? sais-tu ce que tu vas faire ?

JULIE

Non , mon père, mais je feras comme toutes les demoiselles qui se marient. Je ci'ois bien que mon cousin en sait un peu plus que moi. Je ne suis pas plus gauche qu'une autre- il faut esp«:rrr qu'avec le tems j'en saurai tout autant qu'il en faut pour faire un bon ménage.

LE BARO N

Allons, il faut donc s'en rapporier à lui. ( A part. ") Aussi bien, je crois que sur un pareil sujet il r>t j)lus ru état «[U'* moi de donner des leçons. ( Haut. ) Ah! ra , ma fille, tu «s donc contente du choix que tu a» fait?

Trèvcontcnte, mon père.

LE u A r. o N.

Que ce ne soit pas par condc»ccuJancft pour moi. Ce ma-

riagc, à la vérilé, esl convenal)le5 il mot fin à un procès U"èsennuyeux; mais vous ctes tons les deux un peu jeunes.

JULIE

Nous nous en aimerons plus long-iemps.

LE E A n o X.

Enfin il te plaît.... cela te regarde.

JULIE

C'est cela , mon pèrc^ une femme prend un inari pour soi, n'est-ce pas ?

LE BARON

C'est juste. ( A part. ) Comme assez souvent un mari prend une femme pour les autres. {^Ilaut. ) Ah! voilà notre mauvaise tête.

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