‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 112 sur 132 · SCÈNE IX MONSIEUR CÉSARIN, ROSEREINE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX MONSIEUR CÉSARIN, ROSEREINE

Vous avez quelque chose à me dire?

, p ROSEREINE, en confidence.

D'urgence J'ai besoin de votre art et de votre obligeance.

Dans ce tohu-bohu? Que que grave péril, Que je puis conjurer, vous menacerait-il?

ROSEREINE

Oui, c'est bien un péril... Mais auquel doit s'attendre Tout cœur abandonné que le ciel a fait tendre; Voilà... Bien entendu, je livre mon secret A l'écrivain public, formellement discret?

La chose va de soi.

ROSEREINE, passionnée et précieuse.

Monsieur Césaiin, j'aime!

Et je sens bien que c'est la passion suprême D'un cœur — sachez-moi gré de ma sincérité — Dont la vertu n'était pas la fidélité.

J'aime enfin pour de bon, et pour toujours, — ou prçsqùal Et vous reconnaîtrez mon esprit romanesque

A ce dessein que j'ai que mon futur amant, En cachette, ce soir, très romanesquement, Au milieu de la fête, et pendant qu'on m'acclame, Dans un billet reçoive un aveu de ma flamme! Evidemment en me déclarant je déchois^ Mais bah! c'est grande dame!

Ah! ça n'est pas bourgeois!

ROSEREINE.

J'aime assez le piment de cette... dérogeance... C'est très « conte galant »!

C'est tout à fait Régence!

ROSEREINE.

Quant au nom de celui dont mon esprit est plein...

MONSIEUR CÉSARIN, l'interrompant, et aveclune naïveté voulue Je sais depuis longtemps : le petit^Marcellin.

ROSEREINE.

Marcellin? Cet enfant? Quelle plaisanterie!

Non, c'est Eugénio... dont la galanterie,

La prestance, le charme, et les bonnes façons,

Qui rabaissent à rien nos porteurs d'écussons,

M'ont charmée et conquise... Et puis c'est un artiste!

Quel avenir, monsieur Césarin, s'il persiste

En dépit des jaloux, et s'il est soutenu...

Comme moi, voyez- vous, c'est un grand méconnu!

Mais venons à mon plan : mon ardente tendresse

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