ACTE TROISIÈME
RO&EREINE, émue sincèrement.
Je dirais : « Marceilin... Marceilin, mon petit,
« C'est un rêve insensé que vous aviez bâti;
« Regardez entre nous ces multiples barrières,
« Nos âges, nos instincts, nos métiers, nos carrières
« Mon besoin de briller, mes goûts dispendieux,
« Mon destin de coquette... au fond fastidieux...
« Mon petit Marceilin, cherchez mieux qu'un caprice";
« Cherchez une compagne aimante, inspiratrice,
« Près de qui vous puissiez en repos travailler,
« Et que vous n'ayez pas sans cesse à surveiller...
« Maintenant, Marceilin, si vraiment Rosereine
« Inconsidérément vous causa de la peine
« Par coupable habitude et coquet abandon,
« Elle vous en demande aujourd'hui bien pardon! »
Voilà, quand il devrait à jamais me maudire,
Ce que j'aurais, monsieur, le devoir de lui dire.
Tout cela dès demain lui seia répété.
ROSEREINE.
Mettez-y beaucoup de douceur et de bonté,
Et ren ez, s'il se peut, moins mauvaise ma cause.
(Un temps. Elle prend une rose sur sa table et la tend au-dessus du paravent.)
Et puis remettez lui de ma part cette rose;
'Qu'il la garde, et plus tard pense à moi quelquefois...
(Sur un signe de M. Césarin, Marceilin sans se montrer a pris la fleur, i
194 MONSIEUR OÉSARIN
MONSIEUR CÉSARIN, comme si c'était lui qui l'avait prise.
Merci...
ROSEREINE, tendant la main.
Vous pouvez mettre un baiser sur mes doigts.
(Sur un nouveau signe de M. Césarin, Marcellin a baisé le bout des doigts de Rosereine. Le comte arrive brusquement par la droite.)