ACTE TROISIÈME
Puis, pour peu que le ciel ou le diable nous aide, Nous verrons triompher l'infaillible remède. (Marcellin apparaît à la porte du fond.)
Le voici... Sans tarder nous allons voir l'effet Du mot que tout à l'heure ici vous avez fait. Pendant qu'il le lira je vous dirai tiès vite La façon dont il faut, je crois, agir ensuite.
MARCELLIN, descendant, triste.
Qu'y a-t-il?
MONSIEUR CÉSARIN, montrant le billet ciu'il a fait écrire précédemment à Isabelle.
Au portier, un homme, un messager, Qu'on n'a pas eu le temps même d'interroger, Vient de donner ce mot à l'instant.
(Lisant la suscription.)
« Au poète « Marcellin, pour remettre au milieu de la fête. »
^MARCELLIN, intrigué, tenant la lettre.
Un billet?... A minuit?... Et qui m'est destiné?...
Méfiez-vous! Il est peut-être empoisonné.
(Marcellin ouvre la lettre; il la lit et son visage exprime un étonnement croissant.
MARCELLIN
Mon Dieu!
MONSIEUR CÉSARIN, simulant la curiosité.
Qu'est-ce que c'est ?
MARCELLIN
C'est de mon inconnue,
Elle se fait enfin connaître?
MARCELLIN, consterné.
Elle est perdue!
Ecoutez...
(Il lit.)
« Cher monsieur... »
(Jugeant l'expression banale.)
Cher monsieur! »
Oui, c'est se
MARCELLIN, continuant à lire, pendant que M. Césarin glisse quelques indications rapides à l'oreille d'Isabelle.
« Je sens bien que je cours au-devant d'un échec! « Je pensais triompher par ma tendre constance « D'un caprice d'un jour jugé sans importance, « Mais on m'apprit ce soir inexorablement « Que Rosereine enfin vous a pris pour amant! « Adieu, mon seul amour, mon amour chimérique; « Adieu, mon Marcellin, je pars pour l'Amérique! »
(Fondant en larmes.) C'est affreux!
ISABELLE, à part, à M. Césarin.
Mais c'est moi qu'il pleure sans savoir!