‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 16 sur 132 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MONSIEUR' CÉSARIN, MARCELLIN.

Qu'avez-vous fait?

MARCELLIN, cherchant un papier dans son portefeuille.

D'abord les vers de circonstance Sur le duc de Bordeaux.

MONSIEUR CÉSARIN, assis à droite.

Célébrant sa naissance...

Avec allusions à notre cœur meurtri Par l' affreux attentat sur le duc de Berry?

MARCELLIN

Tout juste.

- Vous avez adouci le tragique? Le client vous a dit : C'est pour mettre en musique... Lisez... t

MARCELLIN

D'abord le titre : Un astre s'est levé Dans la nuit de ton deuil, ô France!

C'est trouvé!

MARCELLIN, lisant sur un ton emphatique et avec un extrême contentement de soi-même.

Frémissez, Paris et provinces!

Pleurez, citoyens éprouvés :

Du plus admirable des princes Un monstre abject nous a privés!

Sur la pierre seront posées

De pieuses gerbes de fleurs,

Et pour remplacer les rosées

Nous les mouillerons de nos pleurs!

Mais que vois- je? Les fleurs moroses.

Les cyprès jetés en monceau, Deviennent des lys et des roses, Et r affreux sépulcre, un berceau!

Le deuil fait place à V Espérance; Il est né V enfant désiré; Sèche tes pleurs et souris, France!

Ton avenir est assuré!

MONSIEUR CÉSARIN, avec une pointe d'ironie.

C'est bien... tout à fait bien... Le berceau... le tombeau.., Les cyprès devenant des roses... C'est très beau! Et pour le confiseur? Fîtes-vous les devises Dont il doit habiller toutes ses friandises?

MARCELLIN

Je n'ai pas terminé.

Donnez-moi le brouillon...

Cinq ou six au hasard... Un simple échantillon...

(Dans son portefeuille, Marcellin a pris quelques papiers; il en pose devant M. Césarin et en garde quelques-uns.)

Page 1