‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 73 sur 132 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

EUGÉNIO, froissé.

Charmant, le madrigal, Et c'est bien mon avis que loin d'être inutile Tant de beauté vous rend la tâche plus facile; Qu'il faudrait être un sot pour jouer sans talent Un rôle d'amoureux près d'un bras aussi blanc, D'un cou si délicat, d'un si charmant visage, Près des charmes troublants que révèle un corsage; Et qu'on n'a pas de mal devant tant ce beauté A mettre dans son jeu quelque sincérité; Nous sommes bien d'accord, mais, ne vous en déplaise, Ma réputation immense...

MARCELLIN

Et lyonnaise...

EUGÉNIO.

Je ne l'ai pas acquise en tenant tous les jours Entre mes bras les Ris, les Grâces, les Amours, Comme je fais ici... Souvent pour amoureuses On a mis dans mes bras des femmes presqu' affreuses; Or savez-vous, monsieur, d'où venait mon succès? A force de talent je les embellissais!

A force de paraître amoureux et sincère Je leur communiquais le chai me nécessaire!

Oh! nous avons déjà jugé le comédien Par cet échantillon...

, EUGÉNIO.

Et pourtant ce n'est rien!

Dans un théâtre on n'a, pour hausser les moyennes, Qu'à m afficher dans les Vêpres Siciliennes... J'ai vu des figurants émus par ma douleur, Et même, un soir, j'ai vu sangloter le souffleur! n

ROSEREINE, enthousiasmée.

Pas possible?

EUGÉNIO.

A côté, j'ai la corde comique.

ROSEREINE. '

Vous avez tout, la voix, l'allure...

LE COMTE

Et la mimique.

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