‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 86 sur 132 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ISABELLE

Donnez.

(Elle examine les lettres que Marcellin lui a passées.)

MARCELLIN

Que voyez-vous?

ISABELLE, avec une émotion contenue.

Je vois qu'elle est sincère...

Elle aime tout en vous, le visage et l'esprit... L'écriture le dit...

MARCELLIN

Hein? que c'est bien écrit! Est-ce quelqu'un de bien?

ISABELLE, examinant les lettres.

Sa tendresse est profonde.

MARCELLIN

Est-ce qu'on voit si c'est une femme du monde?

ISABELLE

C'est son premier amour...

MARCELLIN

Voit-on par l'examen Qu'elle est noble? Qu'elle est du faubourg Saint- Germain?

ISABELLE

Le vilain quel qu'il soit certainement la blesse; Et si c'est être noble, elle a donc sa noblesse.

14tf MONSIEUR CÉSARIN

MARCELLIN

Mais pourquoi se cacher?

ISABELLE

Pudeur... timidité...

MARCELLIN

Que^m importe d'ailleurs c'est pour l'éternité Que j'aime Rosereine, inconstante et frivole!

ISABELLE

«'Sur les ailes du temps la tristesse s'envoie Le chagrin delà veuve à la fin se passa; C'est dans... je ne sais qui...

La Fontaine.

ISABELLE

C'est ça.

MARCELLIN

La Fontaine a menti! J'aimerai la cruelle Jusqu'au dernier soupir, car elle a tout pour elle!

ISABELLE

Tout!

MARCELLIN

(Je ne lui connais, moi, qu'un petit travers.

ISABELLE, intéressée.

Quel?

£ MARCELLIN

Jamais elle n'a très bien compris mes vers.

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