‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 85 sur 132 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MARCELLIN

La'douîeur va meïaire exsangue et diaphane.

ISABELLE

Nous vous en tirerons avec de la tisane.

MARCELLIN. r

Merci... Je suis touché de vos bons sentiments Mais vous ne savez rien des chagrins des amants! Vous comprendrez, si vous devenez amoureuse!'

ISABELLE

Mais je comprends! Car j'aime!... Et je suis'malheureuse t

MARCELLIN

Comment, vous? si mignonne?

Il n'a que du dédain; Il ne me regarde même pas!

ARCELLIN.

C'est un daim!

Nous sommes tous les deux logés à môme enseigne!'

(Après un temps, pendant lequel tous deux se mouchent et s'essuient les yeux.)r

Mais comment expliquer qu'ainsi l'on nous dédaigne? ((La regardant.)

Vous êtes très gentille.. .^

ISABELLE, le regardant aussi.

Et vous n'êtes pas mal...

(Un temps.)

Quelle femme sans goût!

MARCELLIN

Et lui quel animal !

(Un temps.)

Heureusement, je prends par ailleurs ma revanche!

(En confidence, sortant de sa poche le paquet de lettres.)

Je reçois chaque jour, d'une main fine et blanche, Une adorable lettre...

ISABELLE

Ah! le petit paquet Dont cet avantageux lourdement se moquait?

Oui... C'est l'aveu discret d'une femme inconnue...

ISABELLE

« Qui n'a pas dit son nom, et qu'on n'a pas revue ». Comme dans Athalie...

MARCELLIN

Il paraît qu'on peut voir Les défauts ou vertus que quelqu'un peut avoi.v, Sur un simple billet... Ça tient de la magie!

ISABELLE

Pas du tout, c'est un art : c'est la grapho^gie; Et je l'ai pratiquée un peu par passe-temps.

MARCELLIN

Vrai?... Vite dites-moi quelques traits importants Pour éclairer un peu l'ombre de ce mystère!

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