CHAPITRE XVin
Violente sortie de M. de Capidon contre les grandes dames. — JosUn Renan rhante. -^ Le musicien Brévignon devient narrateur à son tour. — Une femme franche ; personne ne veut croire à son existence. — Débats.
— Mais il n'y a donc plus aucune franchise aujourd'hui I Vos mœurs sont don(t entièrement et absolument acquises à la dissimulation ! Que ne revenezvous au masque, dans ce cas, et aux roues de voiture enveloppées de linge ? Je ne reconnais plus là les Françaises, encore moins les Parisiennes; la diplomatie en a fait des monstres!
Ainsi se désolait M. de Cupidon, tandis que Justin Ronan fredonnait cette vieille ariette :
J'aime beaucoup les femmes biandies.
Mais j'aime encor mieux le vin blanc : y Je n*ai pas vu de femmes franches,
Mais j'ai bu souvent du vin franc.
. Là- dessus, le musicien Gaspard Brévigaon prit la parole :
— J'ai cependant connu une femme franche, dit-il.
Ce début fut accueilli par un hourra d'incrédulité.
— Quand je dis que je l'ai connue, reprit Brévignon, je me trompe; mais j'ai beaucoup entendu parler d'elle.
— Ce n'est pas tout à fait la même chose, fit Justin Ronan, et tu paries, mon cher Gaspard, comme cet ana : a Connaissez-vous l'Amérique? demandait un voyageur à un bourgeois. — Non, monsieur, mais j'ai un de mes beaux-frères qui a failli y aller. »
— J'insiste, dit M. de Gupidon, pour avoir des renseignements sur cette femme franche.
On écouta le musicien Brévignon.
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