DE ROBER VILLE
» dit la petite comtesse, et dormons » après ; vous devez être , mesdames, » aussi fatiguées que moi. — Et com- » ment dormir y ma bonne amie ?
n debout? — ^Laissez donc. Monsieur ï) n'a qu'un lit^ à la bonne heure ; n mais il sufîlra à toutes. Tirons au » milieu de la chambre matelas , a> sommier, couvertures, et dédoun bloQS tout cela. Ce coucher-là eu » vaudra bien un autre. J'ai quel- » quefbis éprouvé que le plus dur » n'est pas le plus mauvais )) *
Aussitôt dit , aussitôt fait. Voilà nos petites femmes couchées. Elles cauvreùt la superficie de la chambre« Vercourt trouve à peine où poser le pied pour aller à la provision. « La h s ngullère aventure , disait l'une!
)» elle est charmante, reprenait Tau- » tre. C'est un roman tout entier , » ajoutait une troisième. Il y manque 3$ un bon dénouement, poursuivait
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» celle-cî. Qui sait ce que Dieu nouS. n garde, murmurait celle-là?
» Mesdames , dit Vercourt en » rentrant , j'ai fait une réflexion.
» Ne réfléchissons pas, monsienr le » mousquetaire , cela fatigue, dit la » petite comtesse. Pardonnez-moi, j» madame, pardonnez- moi, réflé- > chissoDS : cela est quelquefois » utile. J'en pensé qu on va s'aper- » cevoir de votre évasion. — C'est » égal. — La supérieure agira. — ji C'est égal. — L'ofiicier du guet » dira à tout le monde que le pre- » micr président est mort. — C'est » égal. —On lui. rira au nez.— C'est » égal. — C'est égal , c'est égal ! ce qui f^ n'est pas égal, c'est que piqué d'a- » voirétéjoué, il déclarera avoir ren- » contré vingt femmes sous la conp duite d'un mousquetaire. 11 dési- )) gnera votre âge , vos costumes; ou » vous reconnaîtra au signalement; n on fera' perquisition ici; on vous
trouvera
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-» iroovera ; on vous reconduira à voirô >» couv€Qt j el on m'eiïverra , moi , A passer dix ans dans une citadelle.
M Convenez « mesdames , que tout cela » vaut la peine qu'on y pense. — Bien , m voilà le mal. Avez- vous trouvé le re- » mède ? — II faut déjeuner à Ul hâte.
* -—Soit. — E-t vous habiller toutes » .en mousquetaires* — Délicieux. -^Je » u'ai que deux habits *, et je dois la » préférence à madame de Roberville.
j» ^-^Ç'est juste. Après ? — Chacune des » autres s'arrangera avec un ^e mes M camarades. — Fi! l'horreur! On fait 9 son-mari cocu-, c'est tout simple; » mais son amant ! Mon pauvre che* » valier I — Quel <t>rt cela fera-t-il à » voire pauvre chevalier? Vous aurez Ji^iu plaisir, vous en donnerez, elle » pauvre chevalier en prendra àe reste, » quand vous le retrouverez. — Mon- » sieur le mousquetaire raisonne assét
• juste , ma chère amie. — Il faut
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» savoir ccder à la xiécessite. —On M dit les mousquetaires très-aimables, » — Mais , mesdames , mesdames, » faire son amant cocu ! cela s'esl-il * vu jamais 2 — Préfère»- vous retour- » ner au couvent, madanie la comtesse?
» —J'aimerais mieux me noyer , mon- » sieur. — Laissez-vous cloue conduire.
» *^ Faites au moinfi des choix heu- » reux. .Que nous n'ayons pas à rouai gir , si plus tard nous reqconlrons » dans le monde.... — Je vous dou- » nerai la fleur de la compagnie. «
A peine a-l-il dit ces mots, que la porte s'ouvre. Dix-neuf jeunes gens , beaux comme Adonis , vifs comme la poudre, espiègles.... comme des mousquetaires 9 paraissent^ leur chandelle à la main, h A la bonne heure; » ils sont bien , dit la comtesse. Venez » vous asseoir ici, et déjeunez avec » moi , vous f monsieur , qui me re- » gardez tendrement , et qui ave« la
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j» téie d'Apollon sur les épaules d'Her^ » cule. » Les autres dames firent aussi lear invitation ^ ce qui n'était pas ré^*. gulier ; mais cette nuit devait être trèsr irrégulière. Quand toutes les femmes sont jolies , personne n'a à se plaindre de son partage. Nos officiers répondirent à l'appel, et chacun déjeuna gaiement avec sa chacune. •
Vous prévoyez sans d()u(e que Vercourt avait tout arrangé eu allant ordonner le déjeuner. Il aimait passionnément le sexe ; mais que faire de vingt femmes à la fois ? II devait ses premier^ soins à madame de Roberville ; il Exilait donc se débarrasser des autres , au moins pour quelques heures. Qui sait ce que le fripon méditait pour 1^ lendenyain ? Les mousquetaires portaient la. cordialité jusque établir quelqaefoisic inmunauté debiens^ et il est un genre d'échange dont les jeunes gens se trouvent à iqerveillss i