‹ Monsieur de Roberville (volume 2)Chapitre 17 sur 24 · U9 MONSIEUR · texte numérisé non relu

U9 MONSIEUR

Le dëjeéTier fini , on se sépare. On ira clûndesiiDemeQt*s'eDferiiiep deux à deux , et pendant le reste de la nuit , nos petites pécheresses disaient en soupîrânl d'amour et de plaisir : « Oh! Â ce" COU vent- ci vaut bien I autre 1>* - Vingt petiis ménages sont établis , et peKSônae ne s'en douie encore. Oa s'est levé, ovi k essayé des un^oniites. L'un est .trop long , l'autre trop Jarge; il a faila se réunir dans une niéme chatnbrtj , édiangcr les habits de manière à paraître le moins ridicule qu'il se poun*aii , et ces échanges-là ne se font jamais que ramour ne commette quelque larcin , surtout quand de jo^ Ires damesontpourfeniniesdecbambre des mousquetaires. Une espiièglerîe succédait à une auti^,*et totftesi ame* naient des éclats de rire prolongés, qui attirèrent enfin «a vi6uiibri^dier| qui s'avisa de regarder. |»t!r le. trou de la serrure. ^ - '>iJ '^'^ £i >

DB ROBEBYILLE. H^

Le monsieur faisait plus de cas- de sa croix de St. -Louis que d'u&e femmef et pour cause. Il fut tros-scandalisé dti spectacle qui s'offrait i ses yeux i et il alla déclarer ce qui se passait au maréchaUdes- logis de semaine. Le maréchal des- logis sortit pour aller prendre les ordres tlu lieutenant de Ja compagnie , qui lai dit : « Je trouve » très-bon que ces messieurs aient » des femmes; mais je n'entends pas » qu^il les .introduisent à lliôtel , et » j0 ne souffrirai pas qu'on avilisse » l'habit du coq>s. Allez , monsieur j 3» iaire debabiller ces donzelles , et » mettez-^les à la porte- »

Quand le maréchal -des-Iogis revint, l'hôtel était investi par un bataillon des Oard^s^^Françaises , qui avaient ordre' de lie laisser entrer ni sortir personne y précaution qui laissa quelques momens encore à nos amans.

Vous voulez savoir comment les

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Gardes-Fraiiçaises se trouvaient là? je vais vous le dire.

Vercourt, malgré son étourderie, avait prévu à peu près ce qui était arrivé. En revenant de matines , les religieuses entendirent la voix éteinte de la vieille recluse , qui n'avait ce^sé de crier. Elles surent que les jolies pénitentes venaient d'être enlevées , n'importe par qui. La supérieure trembla : elle répondait de ces dames, qui tenaient toutes à d'illustres fa«* milles. Elle écrivit: au lieutenant de police ; elle manda le jardinier , qui logeait dans une cour extérieure. Par une fatalité singulière , le jardinier , en allant chez le lieutenant de pplice • rencontra l'escouade du. Guet qui avait arrêté nos tendres fugitives. Cet homme courait , et un homme qui court la nuit est suspect. Celui-ci fut arrêté , et interrogé à son tour , ir répondit avec naïveté et franchise.

dkboberville. Si

L'officier du Guet se douta qu'on s'était moqué de lui. U* fit monter le jardinier derrière un de ses hommes , et il alla au grand trot à rhotel du premier président. Il fit un vacarme infernal à la porte. Le Suisse vint lui ouvrir en grondant; et il apprit que noD-seuiement le premier président n'était pas mort , mais qu'il n'avait pas donné di^ bal , et qu'il n'avait daus^ de sa vie.

Les soupçons de l'officier se. changèrent en conviction. II courut chez le lieutenant de police. Le lieutenant de police ordonna à ses gens d'envoyer l'officier se faire. . . L'oflkier insista. Il parla ^i haut que le lieutenant de po<* lice se mit à une fenêtre. Quand il sut de quoi il s'agissait , il cria qu'on mit ses chevaux , il passa sa robe de chambre , et sans se donner le temps de prendre sa culotte , il sauta dans

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sa voiture , ei se 6c mener Tcntre à terre chez le ntinistre de Paris.

Le ministre se délassait do poids des affaires entre les bras d'ane danseuse de l'Opéra. II fit dire au lieutenant de police de repasser* Le lieutenant de police fil répondre que l'c*tat était en danger. A ce mot terrible le ministre se leva. « Si vous n'agis* » sez promptement , n\ûnseigneur , le » plus pur sang de France est corji rompu } plus de héros à espérer. -—

> Eicpliquez vous , monsieur. -^ Les » dames détenues aux Repenties sont n évadées, et se feront faire des en- » fans par je ne sais qui. Or , vous ^ connaissez ,hnoilseigneur , Taxiome

> de droit vEst pater ille , etc. »

A celte fatale notivelie, le ministre est prêt à perdre la tête. 11 fait monter Tofficier du Gùf t, qui n avait jamais dépassé la loge du Suisse. Rien ne fait disparaître les distances aussi prompt-

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lct3ffeqt que iô besoin, Ipdicalions prises , le ibittistre envoie un ordre aux casernes ées Gardes-Françaises. Le lieutenant de* police en expédie de tous les* côiés. Plus de repos pour lui , ni pour monseigneur, jusqu'à ce jque ^es damids soient retroâtëes.

* Quelques.ntousqueiaires , très-innocent de tout ce qui s'était passé, aper- -^iH*ent le JiaiâiQon des Gardes, et -répandirem r^tamcne dan^ l'hôtel. Mos '^ffâiam se doutèrent d'abord à qui on '4Sti' l^^ulait , "et ne ' perdirent pas un infant* On sort de la. chambre de toil^le , osi se sépare deux par deux , oq prend dtiféi^ilscokvidors pour être moittS reinar^ués , on traverse les tîourS', on se réunit dans le magasin au fourrage. Ces messieurs creusent un nid , oii se cachent les amours éplôrés , et ila reviennent 5 etichantés du stratagème , voir quelle tournure y^t^ui prendre les choses.

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Ou n'avait pas de certitude que ces dames fussent à l'hôtel » et^ il est probable qu'on neût pas élé chercher dans un tas de foin des maréchales et des duchesses. Mais le vieux bri- •gadier avait tout observé , et il se promettipiit bien de mettre un terme À dès plaisirs qu'il ne pouvait plus partager.

Bientôt on vit le lieutenant de police en personne descendre de son carrosse. Nos jeunes gens se dispi^saiest à lui faire une scène , * lorsque le duc de *** ,. capitaine commandant 4e la compagnie, descendit de la. même voiture , et contint tout le monde par sa seule présence. 11 demanda un trompette et lui 'fit sonner, le.boute^ sel}e.

En cinq minutes la compagnie fut à cheval. Ije capitaine ordonna à meSf sieurs les mousquetaires de^^emettre les clefs de leurs chambreSt On allait

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commencer une perquisition générale, lorsque le vieux brigadier dit un mot h l'oreille du maréciial-des*Iogis , à qui enfin on avait permis de rentrer* Celui-ci parla au lieutenant, et le lieutenant au capitaine.. Le capitaine ordonna.de garder les rangs, et se détacha avec le lieutenant de police et sa suite. Us marchèrent vers le* dernier asile qu'avait pratiqué l'Amour à * ses élues , et douze à quinze palefreniers les découvrirent confuses et tremblantes. - . •

Le lieutenant de police tire de sa poche la terrible liste.. Il appelle par leur nom la princesse , la duchesse f la marquise , la présidente , l'intendante, la conseillère. Les pauvres petites viennent tour à tour , les yeux baissés , se placer au milieu du cercle formé par les redoutables agens de la police. Madame de Roberville est ap« pelée la dernière. Sa fraîcheur , sa

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gentillesse frappent le duc de '^. Il demande qni elle^est-: on lui répond jque ce n'est qa une bourgeoise. Que de dames de haotparage eussent Toula ressembler à cette bourgeoise-là 1

Or I comme une bourgeoise doit se trouver très-honorée de servir aux plaisirs d'un grand stigneur, le duc prononça, inpéilo^ que celle-ci loi appartiendrait.

Le front sévère du lieutenant de police se dérida, lorsqu'il vit toutes ses fugitives rassemblées. Mais qu'en fera-t-il 7 Les reconduire à leur couvent en plein jour , c'est achever de les déshonorer par un éclatv inutile.

Il est plus sage d'attendre à la nuit. Où les enfermer jusque-là? Le duc propose de les mettre dans la chambre du vieux délateur , toujours accessible pour lui.

L'âge du brigadier inspira de la confiance au magistrat. Mais il pré-

vit cfa^nn ^evl komme tie <roniieiiârait pas vingt jeunes gens amoureux , et comme il Vâut mieux prévenir lei; fautes d'iusubordination que les pu^ nir^ on retint cinquante Gardes*Française$4 OnJes plaça aux portes et sous les croisées , et on envoya prendre au couvent de quoi habiller ces damies plus décemment qu'elles n'en étaient sorties. *

On avait fait beauconp , on voulut faire davantage. On essaya de çon»* naître les audacieux qui avaient pro* fané le couvent. Le* duc fait mettre pied à terre. Le lieutenant de police passe* dans les rangs. 11 interroge , il flatte , il caresse ; il tâche de s'insinuer dans les esprits : il n'obtietu queues réponses évasives ou plaisantes .^11 se pi^ que , il rappelle au duc qu'il a les clefs des chambres de ces messieurs. Use flatte d'y trouver quelques indications qui décèleront les Coupables > et on v^

S8 ncoirsxKuir

fureter partout. Ici est une robe , là un jupoQ; plus loin une jarretière brodée , ailleurs un bonnet. Certains signes non équivoques annoncent que partout on a couché deux. Ou interpelle les jeunes gens qui habitent ces différentes chambres; ils s obstinent au silence j et le duc saisit cette occasion d'éloigner son rival qu'il ne connaît *|)as ; il envoie en prison tous ceux qui avaient eu des relations avec ces dames. Le moyen n'était pas nonveau. Hérode^dit saint Matthieu, l'em- ; ploya jadis sans succès.

Le lieutçnânt de police , jaloux de tout approfondir , se détermine à retQurner chez ces dames. Il croit qu'il intimidera facilement des femmes , /qu'il les fera parler. 11 compte tirer de leurs aveux mêmes les mesures qu'il opposera à leurs tentatives subséquentes.-Ces dames^, si douces , si traiiable$ avec les mousquetaires , rc-

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prennent la dignité et le ton de la cour. C'est la maréchale qui, cette fois , porte I4 parole. Elle répond laconiquement qu'elle sait se soumettre aux ordres du Hoi^ mais que parsonne n'a le droit d'interroger des femmes comme elles , et. qu'elles sont décidées à ne pas répondre. Le magistrat réplique que c'est au nom du iîo/ qu'il interroge. « Hé bien,, monji sieur.9 reprf nd. 1^. petite conuesse , » dites au Roi nue nous^ivoif s sommes M évadées sans aucun secours ctran- B ger ; qu'en fait de couvent chacun » a san goût ; que JNinon avait choisi j» les grands Carmes , et que nous pré- » ferons les mousquetaires ; que nous » avons couché ici ; que nous ùous en à sommes fort bien trouvées , et que M nous y reviendrons quand nous le » pourrons. Dites à nos maris qu'en- » fermer des femmes , c'est user du » droit du plus fort, et que lorsqu'elles

» s'échâppèût y elles tisént dn drok ;i naturel. Ajom⣠, si tous voulez , % que les cocus les plud Sages sont » ceux qui éfitenl Tcclat , et que iioiv- ,)i ner- de la publiciêé^'à une chose 7t toute Ordinaire \ c'e^t vouloir se faire » montrer an doigt. » '

Ce discours pathétique fut idiviâe longs éclats de rire. Le magistrat sentit qu'ôn allait Se moquer de lui onvertement , et il ftrt rendre- compte iu ministre de ce qu'il avait (ait. be ministre part poui' VéMàilièS , et fa amuser ♦ le Jîo/ du réeit de ceitfc aveûture : le Roi aimait foeanc^ôiifi les aventures scandateuses^ Gelle*ci lei fit oublier qu^il venait de jperdre la bataille de Minden ^ ses flottes et ses colonies ; qu'on voulait ^u'il cbassàt ' le Prétendant à qui il avait promis sa protection et qu'on exigeait quil payât à Dunkerque un coijatttissairc anglais , chargé de l'eiftipécher de rétablir le port.

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Cependant le duc était réellement amoureux de madame de Roberville.

Sans cesse il cherchait des prétextes pour retourner chez ces dames / et il en trouvait facilement , puisqu'elles manquaient de tout. Le brigadier , qui savait vivre , se retirait respectueusement lorsqu'il paraissait , et le duc n'en était pas plus avancé , car enflh^i on peut tout proposer à une femme , il est des choses qu'elle ne ^peut pas écouter devant témoins.

D'ailleurs , un homme titré a toujours soin tie couvrir ses fredaines du masque de la décence. Celui-ci était fort embarrassé. La journée s'écoulait ; il fallait agir , et non délibérer.

te Monsieur , lui dit enfin la petite ji comtesse , je vois bien qu'une de » nous ne rentrera pas ^n couvent, ji Mettez-vous à votre aise , et nom- » raez franchement celle à qui vous » décernez la pbmme. » Le duc , en*

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coaragé , prend la main de la beauté qui Tenchalne , el la baise avec transport. Ce baiser , en pareille circonstance y es( une déclaration positive.

Les femmes, je Fai déjà dit , ont l'esprit du moment et un certain tact que nous soupçonnons à peine , nous autres hommes. Celles-ci ^ sans se consulter , sans même se. dire un mot, se réunirent dans un coin de la chambre, et laissèrent le duc aussi seul qu'il pouvait l'être avec madame de Aoberville.

Il s'explique $ans détour : iUn'ya , pas de .temps à perdre. Il parle ; il parle bien , il est bel homme ; Rose sourit à toutes ses propositions , et dans ce cas , sourire c'est, répondre.

JLe duc sort avec l'empressement du désir , et conrme le désir ne calcule jamais , il ne ménage pas plus sa bourse que ses chevaux.

Il jr a , dit-on , à Paris , vingt mille

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iudlvidus qui se lèvent sans savoir comment ils dîneront , ni où ils coucheront. Un grand seigneur a toujours à sa solde quelques-uns de ces gens-là , avec lesquels il communique par un intermédiaire adroit.

^ A dix heures du soir , un carrosse de place s'arrête à la porte de Thôtel des Mousquetaires. Deux femmes en descendent, et se chargent chacune d'un énorme paquet. Elles viennent des Repenties; elles apportent des effets à l'usage des dames; les Gardes* Françaises n'ont pas ordre d'arrêter les paquets ; les deux messagères sont introduites. « Permettez , mesdames , » que nous vous aidions à vous ha« » biller convenablement. » Le pudibond brigadier se relire.

On ouvre les paquets , on regarde , on retourne tout ; on ne reconnaii rien de ce qu'on a laissé au couvent.

On marque de la surprise : « Tout

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cela vous est envoyé , mesdames , par M. Duperron. Plus de mots; habillez -vous. — M. Duperrom !

Qui de nous conuciii ce M. Duperron ? — Qu'il vous suffise de savoir, mesdames, que c'est un homme trèsutile aux femmes qui aiment le plaisir. •— C'est là tout ce que y ous en savez? — C'est tout ce que noas pouvons vous en dire. — Habillonstious , et vive M. Duperron ! »

A dix heure(( et demie^ quatre antres carrosses arrivent. Un commissaire en robe , un eiempt e^t son hâ* ton , douze à quinze hommes descendent des carrosses. Lé commissaire présence au commandant des Gardes- Françaises et au vieux brî^dîer Tordre du lieutenant de police. R notice à ces dames qu'elles afent à le suivre , avec ce ton dur qui ajoute rfaumili)lion au malheur. Les ^imes dames soupirent , gémissent ;^ on est^indîffé-

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reni à leur peine , on ne s'en occupe pas. On leur prend le bras à loules , non par un sentiment d'humanité , mais pour s'assurer d'elles. On les conduit aux différentes voitures , on lesy fait monter, on s'y entasse avec elles. Il faudrait un nîiracle pour les tirer de là , et il oe s'en fait plus.

Le« cochers fouettent , les voitures partent , les portes de l'hôtel des Mousquetaires sç referment. On marche au grand trot» on tourné plusieurs rues , les carrosses se séparent , probablement pour dérober au j>ubliela connaissance de ce qui se passe. Us se réunissent une demi- heqre après sur la» place Louis XV i* il* preimeut le ch min.des hamps-Elysée». La petite conuesse conserve toujours une sorte de présence d'espdt. «filous wallons » 1 oint à notre couvent , dit-elle. Oix » donc nous menez-vous? Silence, n répond le commissaire , d'uuç voix

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» terrible; » el la pauvre petite se tait« On s'enfonce sous les allées , on gagne l'avenue de Mariguy , on s'arréle à deux cents pas du faubourg Saint- JHonoré. Le commissaire et Texempt ordonnent de descendre; on leur obéit.

Les hommes' qui forment leur escorte s'éloignent , se dispersent , disparaissent, ff Bonheur inattendu ! s'ccrîc la » petite comtesse , bonheur inappréji'ciable ! nousw sommes sauvées, mes- 9 dames , et par qui ?

» —-Ouï, mesdames, vous êtes sau- M vées. Duperrt)n , votre serviteur , » a joué le commissaire, un de ses » camarades T^xempt ^ des hommes » obscurs notre suite. L'ordre qui vous » a tirées de Thôtcl des Mousquetaires' » est de ma façon , et vous tronvren- » drez que j'ai du talent , puisque j'ai » trompé des yeux exercés. Vous savez » tout , et il ne me reste qu'à vons » demfaûder pardon des procédés- ûn^

DE KÛBERVILLE. 4?

» peu durs dout f ai usé envers vous ; » mais il fallait éire vrai jusque daas » les moindres circonstances.

» Trois de ces voitures sont à vos or- » dres, et vous conduiront où vousvou- » drez. Montez-y toutes » à Texceptioa » pourtant de madame de Robervillei » que je n'ai pas encore Thonneur de mM connaître... . — Me voilà , monsieur.

» — Nous allons prendre ce carrosse , ji et je vous conduirai où vous ayez n consenti de vous rendre. — Ah !

» monsieur Duperron , vous ôtes.cbar- 9 niant. — M. Duperron , je n'oublie- » rai jamais. . . '. — Que de grâces , » M. Duperron !... — ^Paix, paix. Mon- » )ez, vous dis-je , mesdames , et parji tez. En pareille aventure , il faut » autant d'activité que de prudence.*ji 11 a raison , il a raisqp. »

On se place , on baisse les glaces de devant , on presse le cocher , on ne cesse de le tirer par sou habit , toutes

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lui parlent à la fois. « Rae Saînt-Do- 7i zninique, chez le comte d*Avcrcourl.

» —Rue de Verneuil , chez le marquis * de Siirlaville. — Rue Taranne , cbçz ji le chevalier d'Obeterre. — Rue ^e X Varennes y chez l'évêque d'Or^»

» léans.... » Le pauvre cocher ne s^t à laquelle entendre. Toat s'arrange cependant , et une heure après , ces dames sont dans les bras de leurs amans » ravis de les revoir , et décidés à les dérober à tous l#s yeux.

Jlose avait promis au duc de se rendre-^ sa petite maison. C'est là que Duperrou Ta conduite. C'est là que l'attendaient son nouvel amant , l'opulence et le plaisir.

Une autre scène se passait à rhôiel des Mousquetaires. A minuit , l'ordre véritable , le vrai commissaire et son cortège y arrivent. Us frappent , on leur ouvre. ... Le détachement des Gardes est retiré ; les dames sont enlevées...

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levées.... On s'écrie, op s'étonne....

Le vieux brigadier produit l'ordre en vertu duquelll a livré les prisonnières. On le compare à Vautre , on les examine Soigneusement; le faux est reconnu , mais il est trop. tard.

Ces dames sont mises de manière à pouvoir se présenter partout ; sans doute chacune d^elle a trouvé un asile« Où Ifes chercher?

On les cherche en vain. Après avoir donné à l'amour un moment

dont nos jolies pécheresses pou-* vaientfortbiensepasser/leurs amans n'avaient 'pensé cp'à les liiettre en sûreté. Sans s'être vus , sans s'être entendus, tous avaient pris le même parti. La beUe diose que le jugenient ! Les choix heureux qu'avuient faits ces dam es! Ces messieurs étaient sortis de la ville avec leurs mahresses; et à la première poste^il les avaient confiées à des gens sûrs^ L'une allait au château de son doux ami; l'autre //. 3

5o ' MONSIEUR.

à celui d'un confident discret; celleci en Suisse ; celle-là en HoUapde ; et le lendemain ees héros , successeurs des mousquetaires , se mon" irerent à l'œil-de-bceuf et au petit Goucliïer, pour écarter les soupçons, Ce dénouement mit le lieutenant de police on fureur; le ministre rougit vingt fois de cplère , et le roi en rit beaucoup. Or, quand le roi riait, tout le mondé devait rirjç. Lie ministre rit , les courtisans rifeni ; on rit à la ville; le rire gagnia jusqu'à la bourgeoisie , et comme, la ville donne le ton aux provinces, les provinciaux rirent aussi, sans trop savoif pt)urquoi. Puissiez -vous rire vpu^uiême, en finissant ce chapitre,

~ DE ROJERVtLlE. Bl

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