‹ Monsieur Irma; comédie en un acteChapitre 3 sur 14 · SCENE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCENE DEUXIÈME

LE BA.ROK

Ah! depuis que la comtesse frise la trentaine, elle l'a bien brûlée 1

LA BARONNE

Vous faites de l'esprit, ce soirl

LE BARON, s'oubliant.

C'est Irma !

LA BARONNE

Vous dites?

LE BARON, vivement.

Moi?... rien...

LA BARONNE, tendrement et s'appuyant sur l'épaule de son mari.

Jacques, c'est donc bien urgent, cette assemblée?

LE BARON

Vous savez, les affaires... et puis... les ballons à vapeur !

LA BARONNE

A vapeur?

LE BARON, viveraant.

A eau, veux-je dire, à eau... chaude I

LA BARONNE

Si vous vouliez, pourtant, nous resterions au coin du feu... bien tranquillement... je vous jouerais du piano.

LE BARON, à part.

Merci 1 Une sonate quelconque !

LA BARONNE, continuant.

Puis, vous me diriez quelque poésie nouvelle, vous les dites si gentiment!

LE BARON, flatté.

Oli ! Tu exagères !

LA BARONNE

Non, non! on sait bien que vous avez un réel talent !

LE BAROX, même jeu.

Tu exagères, tu exagères!

LA BARONNE

Et je serais si heureuse! mais là, si heureuse!

LE BARON, s'éloignant de sa femme et à part.

Allons! Voilà que j'ai des remords à présent. Du courage, mon bon, du courage ! et souviens-toi que tu avais un aïeul aux croisades !

LA BARONNE, se rapprochant de son mari.

Jacques !

LE BARON, s'éloignant vers la porte.

Impossible, chère amie, impossible!... Les affaires sont les affaires! à tout à l'heure! (a part, en sortant.) Il faut que je clierche ma lettre! Que diable en ai-je fait?

Il sort par la gauche.

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