‹ Monsieur Isaac S. Desaulniers [microforme]Chapitre 11 sur 12 · TU AS · texte numérisé non relu

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mains, Attila fut appelé avec ses nuées de barbares.

Mais si le Dieu de la miséricorde veut accorder à la terre des faveurs extraordinaires, et ouvrir aux hommes de nouvelles sources de grâces ; il demande pour satisfaire les droits de sa justice et donner ensuite libre cours à sa libéralité, non des soldats mais des victimes. (C’est, en effet, l'immolation volontaire du Grolgotha qui précéda ou plutôt effectua la rédemption du monde, et le sang, librement offert, de douze millions de martyrs qui cimenta la bâse de l'Eglise de Dieu.

Ces principes du gouvernement de la divine Providence nous font regarder le massacre de l’armée pontificale comme un événement qui ouvre notre cœur à de grandes espérances. Ils sont la confirmation d’un pressentiment entretenu, depuis

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d'une grande lumière et d'une rare piété, qu'il va s'ouvrir avant longtemps une ère glorieuse pour l'Eglise, et que si la persécution présente doit être terrible, comme tout le fait présager, elle sera relativement de courte durée et suivie d'un grand triomphe.

Oh ! oui, Dieu prépare pour nous des faveurs signalées ; il a accepté l’offrande, faite à sa justice, de victimes choisies et nombreuses. Voyez les accourir sur les hauteurs de Castelfidardo ; c’est là que se plaide la cause de Dieu, comme elle fut autrefois plaidée au Calvaire par le sang et le sacrifice. O célèbre colline, déjà si brillante par la sainte maison où vécut le Verbe divin, tu viens de recevoir un nouveau lustre, dont le rayonnement resplendira dans les siècles futurs. La splendeur du soleil de Castelfidardo, à son lever, fait pâlir l'éclat de l'astre des Thermopyles.

Au célèbre défilé, Léonidas et ses Spar-

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tiates se dévouent à la mort pour la grandeur de leur patrie ; à Castelfidardo le marquis de Pimodan et son bataillon de héros se sacrifient pour la cause de l’humanité ; là on meurt pour la gloire, ici pour la justice ; là pour la terre, ici pour le ciel.

Criblés de:coups, ces héros succombent en répétant le cri du chef: ‘“ Dieu est avec nous ! ” Oui, vaillants soldats, Dieu est avec vous : avec vous, comme il était à côté des chrétiens sous la dent des léopards et des tigres ; avec vous, comme il était à la croix pour recevoir le sang de la divine Victime.

O soldats Piémontais! votre rage est.

maintenant assouvie, cessez donc le feu de vos bataillons ; montez, montez sur la colline de Castelfidardo : Dieu y est descendu ; le ciel est ouvert pour contempler les justes mourants ; les combats

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contre vous sont finis ; ils ont à lutter avec une puissance autrement redoutable que vos bataillons serrés, leur sang coule pour apaiser la justice de Dieu irrité contre la terre à cause des crimes des hommes. Arrêtez-ici, voyez le noble marquis de Pimodan.... Il est tombé sous vos coups barbares.... n'êtes-vous pas venu le rencontrer, sans lui déclarer le but de votre démarche perfide ? N'est-ce pas sous le manteau de l'amitié que vous vous êtes approchés de lui, comme Judas aborda le divin Maître au jardin de Gtethsémani ? Entendez la voix de ce chef intrépide, qui parle encore au nom de ses frères mourants, et tremblez : “ Nous mourrons pour la justice, pour l’humanité, pour l’Eghse du Christ et pour l'amour de Dieu.” Solennelle protestation d'un noble cœur, contre les crimes de.

l’affreuse révolution, dont vous n’avez pas craint de prendre sur vous la responsabilité devant Dieu et devant les hommes.

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Oh ! oui, tremblez. Dieu ne laissera pas votre crime impuni ; le sang du juste a coulé par vos mains fratricides ; et ce sang qu'a bu la terre de votre pays criera désormais, jour et nuit, vers le ciel. Vous le savez ; malgré la prière du Fils à l’agonie, demandant le pardon pour ses bour: reaux, Jérusalem a été dét’uite de fond en comble, ses habitants dispersés sur le monde, et le Père ne leur a pas encore pardonné. Vous le savez aussi; quand l'empire Romain se fut baigné dans le sang des martyrs, les barbares sont venus le balayer de la face de la terre. O roi infortuné du Piémont ! malheureux rejeton d’une des plus saintes et plus antiques familles de l’Europe ! Que pensent de vous et saint Humbert et saint Amédée, vos aïeux ? O noble maison de Savoie, quelle tache sur votre glorieux blason !

Quoi donc, celui qui vous représente aujourd’hui, non content d’être le Nabucuodonosor et le Sardanapale de notre temps,

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veut encore devenir l’impie Baithasar !

Ne crains-tu pas, fils dégénéré des saints, de voir se dresser devant toi les ombres irritées de tes pieux ancêtres, ou la main d'un ange de colère écrire, sur les murs de ton palais profané, les mots mystérieux de la vengeance divine : Mané, Thécel, Pharès.

Ne sais-tu pas que le prophète roi, après avoir prédit la guerre déclarée au Seigneur et à son Christ, par les peuples et les rois, ajoute ces mots redoutables : Qui habitat in cœælis irridebi! eos, et Dominus subsannabit eos.... Quelle est la créature ici-bas, qui peut supporter le rire et le sarcasme d’un Dieu ! d’un Dieu dont le seul regard fait reculer les soleils dans l’espace. Cette prophétie s’accomplira pour toi, comme elle s’est accomplie pour tous les persécuteurs de l'Eglise. Où est aujourd’hui l'empire de ceux qui condamnaient à mort les papes des trois premiers in

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de l'ère chrétienne. Il n’est plus, et la

papauté est le seul monument qui soit encore debout au milieu des immenses ruines de ces temps reculés. Où est l’erapire de ces peuples barbares qui promenaient les ravages et les flots de la colère de Dieu, d’un bout de l’Europe à l’autre ?

Où est celui des successeurs de Charlemagne, qui tantôt appuyait et tantôt combattait le souverain Pontife ? Où sont les superbes républiques d'Italie, qui se croyaient immortelles à l'ombre de leur liberté et de leur indépendance ? Où sont les œuvres des généraux de la République française ? Où sont celles même de Napoléon Ier, qui changeait la carte de l’Europe, et disséminait les trônes à la pointe de l'épée? De toutes ces choses humaines, rien n'a résisté aux âges. Le vent du temps a tout balayé, excepté pourtant le trône de la Souveraineté pontificale qu'’abrite la main de Dieu. Et quand les nuages des révolutions sont passés, quand

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la poussière que soulevaient les armées est tombée, quand la fumée des combats est dissipée, on voit toujours apparaître la sainte et immortelle figure du vieillard du Vatican qui domine tout et survit à tout.

Or, aprés tant de combats et de victoires, peut-on désespérer d'assister à de nouveaux triomphes ! La violence n’a jamais été plus éclatante qu'aujourd'hui, et l’on sait qu’elle n’a, jusqu’à présent, rien établi. de durable. D'un autre côté, l’univers catholique n'est-il pas en prières : “ Dieu, dit saint Jean Chrysostôme avec une expression que l’on dirait audacieuse si elle n’était inspirée par la plus sublime confiance, éprouverait une espèce de honte à ne pas écouter lés prières de l'Eglise universelle.” Et puis les larmes et les angoisses du Vicaire de Jésus-Christ, le sang des martyrs, qui vient de covler, et les sacrifices de tant d’épouses, de tant de

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mères qui s’estiment heureuses d'offrir à Dieu ce qu’elles ont de plus cher au monde, n’y a-t-il pas là de quoi toucher le cœur de Dieu, et fléchir sa colère ? Si la femme n’est pas appelée à verser son sang sur un champ de bataille, c’est qu'elle a quelque chose de plus précieux à sacrifier :

son cœur. (C’est ainsi que l’entendait cette dernière fille de l’illustre famille des Montmorency, la noble marquise de Pimodan qui, à la foudroyante nouvelle de la

mort de son époux, trouve encore dans son

cœur de femme assez de force pour se lever et dire à son enfant : ‘“ Allons au temple, allons, mon fils, offrir à Dieu le sacrifice qu’il nous demande.” Et si ce n’est assez, Seigneur, de l'avoir faite veuve d'un martyr, voyez-la vous présenter son tendre enfant en lui disant : “ Fils de Pimodan, toi aussi, tu seras soldat, soldat comme ton père ! soldat du Christ, soldat de Dieu ! ” Et cette autre héroïne, Ma-

dame de Lanascol, en apprenant que son

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fils est blessé à mort, elle accourt sur les lieux pour prodiguer sa tendresse de mère au vaillant guerrier, rencontrer les derpiers regards, recueillir les dernières paroles de son fils expirant : “ Ma mère, lui dit-il, je vais mourir ! mais je meurs pour Dieu, je meurs content.” C’est bien, mon enfant, répond la mère avec effort ; ne pleurons pas, récitons le Te Deum, pour remercier Dieu d’avoir daigné choisir un martyr dans notre famille.” O mon Dieu, quelle scène céleste ! le fils qui verse son

sang ei la mère qui l'offre!!! N'est-ce

pas là ce qui se passait à la croix ? Saba juxta crucem Jesus mater ejus.

Vous ne permettrez pas, Seigneur, que votre Eglise gémisse longtemps encore dans la persécution ; vous écouterez vos enfants de la terre, vous écouterez vos martyrs du ciel. Vous écouterez la Reine des anges et des hommes, l’Immaculée Vierge Marie, votre Mère.

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