DISCOURS
PRONONCÉ PAR M. DÉSAULNIERS, LE 26 Mat 1866, À LA GRANDE RÉUNION DES ÉLÈVES DU COLLÈGE DE NICOLET.
Monseigneur et Messieurs,
Comme on 4 fait allusion au collège de Saint-Hyacinthe, je crois devoir dire quelques mots. Il y a maintenant trente-sept ans que je demeure à Saint-Hyacinthe, et jamais je n’ai perdu un seul instant le souvenir de Nicolet. Malgré tout le plaisir et tout le bonheur que j'ai goûté à Saint- Hyacinthe, le séminaire de Nicolet a toujours eu néanmoins mes premières affections.
Dans mes premières vacances, après
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mon départ de Nicolet, je suis venu revoir ces murs chéris et les amis que j'avais laissés dans cette maison. Dès que je fus près de l’église de ce village, perdant, pour ainsi dire, mon libre arbitre et oubliant un instant la dignité de mon caractère, je me mis à courir à toutes jambes, pour arriver plus »romptement à la maison où j'avais puisé les premiers éléments de la science.
Jamais la mémoire de Nicolet ne m'a quitté un seul instant. J'ai beaucoup voyagé, j'ai parcouru une grande partie du monde, et j'ai eu l’occasion de contempler bien des monuments, d'admirer bien des beautés. (Cependant, dans tous mes voyages, lors même que je voyais se dérouler devant moi toutes les grandeurs antiques de la’ Grèce ou de Rome, mes souvenirs classiques m'accompagnaient toujours, la pensée de Nicolet se retraçait toujours dans mon esprit.
Pour faire de bonnes études, un habile
MESSIRE 1.8. LESIEUR DÉSAULNIERS. D7 | ir professeur et un bon directeur sont essen- | is tiels à l'élève. Je les ai eus dans la per- | us sonne de M. Leprohon et de M. Ferland | | ur qui a réflété tant de gloire sur cette mai- | un son et sur tout le pays. M. Ferland était j me tellement aimé de tous ses élèves qu'il | rer semblait les tenir tous dans son cœur et (1h ais dans sa main; tous mes compagnons | Ai ce. doivent s’en rappeler. Comme chacun a À | n’a aimé à parler de son temps, je parle, moi | ! up aussi, du mien. di:
tie b >m- Nicolet peut être fier d'avoir produit {| ien Saint-Hyacinthe, comme Saint-Hyacinthe nes est fier d'être sorti de Nicolet. Aussi les dé- membres de la corporation dont je forme F
TS partie m'ont chargé spécialement de dire, | !4 nes aux directeurs de cette maison et à tous | | ent ses anciens élèves que j'y rencontrerais, \1{ ait qu'ils s'enorgueillissent de leur origine, |
qu'ils sont fiers de regarder leur maison comme la fille de Nicolet.
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Prince, les Cherrier, les Proulx, viennent tous de Nicolet. Tout à l’heure, M. le grand-vicaire Laflèche nous a dit qu'une branche s'était détachée de l'arbre de ” Nicolet pour aller s'implanter à sept cents lieues d'ici. Il me permettra de lui dire que cette branche a laissé tomher sur sa route une semence qui a germé et a produit Saint-Hyacinthe. Mgr Taché, qui a succédé à Mgr Provencher, est le fils de Saint-Hyacinthe et en même temps le petit-fils de Nicolet.
L'inscription que nous lisons au fond de cette salle m'a frappé en entrant : Circumdabo illos quasi coronam mihi. Ces mots expriment tout ; ils nous disent en termes très éloquents le bien opéré par cette institution. Oui, cette réunion est une cou.
ronne que peut revendiquer à juste titre Nicolet. Ce séminaire est aujourd’hui une mère contente de voir ses enfants et fière de leurs succès. Le pays, Messieurs, a les
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yeux fixés sur nous en ce moment, il attend avec anxiété la relation de tout ce qui se fait ici.
- Messieurs les élèves actuels de cette maison, vous êtes heureux d’être les témoins d’une semblable démonstration.
Vous en retirerez sans doute de grands enseignements. Vous voyez ceux qui vous ont précédés dans cette maison, vous voyez en même temps la glorieuse route qu'ils ont parcourue ; cela devra vous encourager à les imiter, à suivre leurs exemples.
Les élèves de Nicolet me sont toujours chers. Quand je vais à Montréal, je suis tout aussi heureux de m'informer des élèves de Nicolet que de ceux de Saint- Hyacinthe.
Quand je quittai Nicolet, après avoir terminé mon cours d’études, on me disait que j'oublierais bien vite cette maison d'éducation. Un de mes confrères, entre
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autres, qui est ici présent, et qui doit se reconnaître, me disait : “ Ah ! vous partez pour Saint-Hyacinthe : une fois rendu là, vous allez sans doute oublier bien vite Nicolet.” Eh bien, je puis lui dire aujourd'hui que mes premières affections ne sont pas changées, qu’elles sont encore les mêmes et qu'elles sont pour Nicolet. Je ne crains pas de lui dire que je suis aussi nicolétain que je l’étais en 1829, à mon départ.
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