‹ Monsieur le curé d'Ozeron, romanChapitre 1 sur 16 · PRELUDE · texte numérisé non relu

PRELUDE

Dans le moment que j'allais mettre la dernière main à ce livre, le 3 août 191 7, à l'heure où l'on vint m'éveiller pour la Messe, je poussai un sang-lot.

Je venais de voir en song-e deux jeunes gens : l'un appartenant à une relig-ion qui n'est pas la mienne, l'autre qui est un catholique de mes amis.

Chacun tenait un violon dont le premier joua sans que j'arrivasse à rien ressentir de ce qu'il exécutait.

Je compris que le deuxième allait accompagner une phrase de saint François d'Assise. Il abaissa Tarchet.

Le motif de cette mélodie n'était qu'un cri de cigale, pauvre, grave, nu, touchant aux larmes,

MONSIEUR LE GUHi, I) (IZKRON

plus sublime que tout ce que j'ai ressenti, et^ lorsque je suis sorti du sommeil, j'ai entendu ces paroles d'un cantique inconnu :

Je comprends Vimpuissance de l'été

Si l'été de la terre, où résonnait un tel chant, n'approche que de si loin l'été céleste, que sera-ce de celui-ci, ô pur Amour?

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