PAQUERETTE
Mademoiselle, venez bien vite, le lion de la ménagerie a brisé sa cage. Il accourt de ce côté. Il va vous dévorer, si vous ne vous sauvez tout de suite. ( Elle s'enfuit.
ÉGLANTINE
Au secours 1 au recours ! le lion a brisé sa cage. Le voici qui vient à moi. Je suis perdue. Il va me dévorer. Au secours I mon cher papa.
LE ROI, en haut de la tour.
Attends un peu, ma fille, je vais descendre avec mes soldats, et nous tuerons le lion.
ÉGLANTINE
Hélas! mon père, il vous faut ji^ ^kr^ un quart d'heure pour descen- =^ dre, et le lion est à deux pas. Il aura le temps de me manger. Sautez en bas de la tour, ou je suis morte.
LE ROI
Ma pauvre fille, je ne suis plus assez leste pour sauter en bas d'une muraille de deux cents pieds.
ÉGLAMTINE.
Seigneur Christian, voici l'occasion de me sauver Ja vie. Sautez, sautez en bas de la citadelle.
CHRISTIAN
Mademoiselle, considérez que si je saute, je me casserai au moins bras et jambes, et comment pourrai-je tuer le lion avec les bras eh les jambes cassés ?
ÉGLANTINE
Et vous, chevalier, mon cher Jasmin, mon ami d'enfance, me laisserez-vous manger par ce lion terrible? Entendez ses rugissements. Le voici, le voici. (Le lion rugit dans la coulisse, et arrive sui la scène en bondissant.) '
LE CHEVALIER, du haut du la tour.
Rassurez-vous, princesse, je vole à votre secours ; dussé-je me rompre les os. (11 saute en bas de la tour, court au lion, et le tue.)
ÉGtAMTINE.
Vous m*avez sauvé la vie, chevalier, vous méritez d*être moa époux. Pourquoi faut-il, hélas ! que le prince de Danemark ait deviné Ténigme I
LE CHEVALIER
C'est moi qui Tai devinée. Je lui en ai dit le mot tout à riieure.
ÉGLANTINE
Ah! que je suis contente! La fée ne m*a pas trompée. Vous allez être mon mari. Â présent, chevalier, vous pouvez vous jeter à mes genoux, et si votre manteau s accroche après ma robe, cela ne fera rien.
CHRISTIAN
Il ne sera pas dit que le chevalier Jasmin m'aura surpassé en courage. Puisqu'il a sauté, je prétends sauter aussi. (Il se précipite et reste étendu sans mouvement au pied de la tour.)
LE ROI
fâcheux accident! le prince s'est cassé la tête, et je crains bien qu'on ne puisse la raccommoder. Quoiqu'on voie beaucoup de pères marier leurs tilles à des hommes privés de tête, il ne
SI
serait pas prudent de les imiter A^ais j'aperçois une armée qui s'avance. Ce sont les Danois qui v'^nnent pour venger la mort de leur prince. Hélas! ils îùiront le tôraps de ravager tout mon royaume avant que ie so^ descendu de 1^ tour. J'entends déjà leur;4£âffî#3Sli6 qui ^etme l' attftqq e. (On cntèqà h trompette. )
LE CHEYALIER JASMIN.
Je suis prêt à les combattre, sire, et je les repousserai à grands coups de pied jusque dans leur patrie.