‹ Monsieur Piégois; comédie en trois actesChapitre 106 sur 156 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

avait relrouvé l'aiilre jour, à son grand é(onnemcnlet à sa vive satisfaction... CVst tout... J'ajoute, si cela peut vous être agréable, que j'aime peu me mêler aux histoires privées, aux potins, à la médisance, et que je les écoute ordinairement d'une oreille fort distraite. Il est si délicat déjuger les gens d'après les propos de leurs amis ! Pour ma part, je pense que chacun conduit sa vie dans la direction qu'il préfère, à ses risques et périls. Et c6 n'est que contrainte et forcée que je me permettrai déjuger qui que ce soit.

PIÉGOIS

Cette absence de jugement est d'une grande sé^'érité,

HtNRlETTE

Tiens! En quoi?

PIÉGOIS

Je ne crois pas que nous soyons, autant que vous le dites, maîtres de conduire notre existence avec celte fermeté et cette décision. A l'origine de chaque destinée, il y a des

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forces obscures qui agissent sur elle et la dominent, la poussent dans telle ou telle voie.

UFNRIETTE

C'est une théorie très commode, car si le hasard et des forces aveugles sont les maîtres de notre existence, c'est qu'alors nous ne sommes pas plus responsables de. nos actes que de nos rêves. El la vie ne devient plus qu\me bagarre sans pitié oii des gens furieux se heurtent les uns contre les autres, se piétinent comme des bêtes... Non, non, c'est tout de même un peu plus noble que ça, la vie, franchement. Laissez-moi croire, ne serait-ce que pour le genre d'éducation que je veux donner à mon fils, qu'il y a des responsabilités et des devoirs sur lesquels tous les gens d'une certaine... moralité sont d'accord...

PIÉGOIS, avec un mouvement.

Oui... oui... c'est vous qui avez raison... Oh ! vous êtes dans le vrai, vous êtes dans le vrai... Mais enfin... vous parlez comme une personne qui a vu clair tout de suite autour de soi, dont l'âme n'a jamais été bouleversée

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