‹ Monsieur Scapin; comédie en vers. Nouv. éd., contenant la version en deux actes et la version en trois actesChapitre 2 sur 84 · SCAPIN, DORINE · texte numérisé non relu

SCAPIN, DORINE

Dorine est en train de frotter de Targenlerie quelle range dans un bahut. Scapin est à gauche, assis dans le fauteuil, près de la table. Il lit la gazelle, ses, besicles sur le nez.

DORINE

Scapiu ?

SCAPIN

Monsieur Scapin, madame, s'il le plaît ! Peuh I Scapin ! C'était bon lorsque j'étais valet, Que je faisais la cour à Dorine, suivante ! Nous sommes aujourd'hui bourgeois, et je m'en van le.

(Jui, bourgeois ! Nous avons (mon Dieu î par quel moyen ? C'est notre affaire.) acquis de l'argent et du bien. Sachons donc nous montrer digi>es de la fortune, Oublier du vieux temps la mémoire importune, Tous ces jours hasardeux au lendemain peu sûr, Et Naples, dont j'ai trop connu les flots d'azur. Nous sommes à Bologne, ayant pignon sur rue, Et bonne renommée. Or, pour qu'elle soit crue, Prends toi-même le pli d'y croire. Est-ce compris ? Hausse jusques à moi tes vulgaires esprits ! Je ne suis plus valet et tu n'es plus suivante. Dis-moi donc comme il sied, de façon triomphante : Monsieur Scapin ! Oui, gros comme le bras entier, Avec tous les égards que mérite un rentier.

Eh bien ! monsieur Scapin, veux-tu que je te dise ? Ton appétit d'honneur tourne à la gourmandise , Et je crains fort pour toi quelque indigestion A trop prendre de la considération .

Comment cela ?

SCAPIN

DORINE

D'abord, ces grands airs d'importance Te vont comme un panache irait à la potence.

SCAPIN

Ouais !

DOniNE.

Bien sûr. Ainsi, tiens, par exemple, ceci, Ce chapeau, n'est point fait pour ta tète.

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