‹ Monsieur Scapin; comédie en vers. Nouv. éd., contenant la version en deux actes et la version en trois actesChapitre 24 sur 84 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Le livre peut brûler ! J'en suis un exemplaire . Vous plairait-il d'ouïr le Turc et la galère, Ou Sylvestre, ou le sac et les coups de bâton...

s G A P I N , se rengorgeant de plus en plus.

Tais-toi !

TRISTAN

Mais savez-vous que moi, pauvre avorton. Je n'ai qu'une espérance, un rêve, dans ma vie : C'est de vous imiter !... oh ! de loin. Mon envie Ne va point jusqu'à vous égaler, vous, non pas ! Mais baiser seulement la trace de vos pas. Et de ce fulgurant éclat qui vous décore Être un reflet, un clair de lune, moins encore ! Rappeler votre gloire, un peu, très peu, si peu, Juste assez pour qu'un jour, quand Tristan sera feu. On lui grave sur son monument funéraire Qu'il vous ressemblait comme un frère..., un petit frère,

SCAPIN

Pour me chérir autant, tu ne le fais point voir. Tu viens me déclarer la guerre.

TRISTAN

Et le devoir I

SCAPIN

Le devoir I

TRISTAN

Est-ce à vous de ne pas le comprendre ? Scapin eût-il jamais abandonné Léandre ? Ainsi d'un cœur vaillant, sans crainte, sans émoi, Tristan saura servir son maître.

SCAFIN.

Contre moi ?

43 MONSIEUR SCAFIN

Hélas I oui, contre vous. Cela me désespère ; Mais il est Tamoureux, et vous êtes le père.

SCAPIN

Eh bien ! je défendrai ma fille et mon argent.

Bataille ! J'ai vingt ans de moins en y songeant.

Ah ! vous vous croyez forts ! Ah ! vous voulez, mes drôles,

Entrer dans notre peau pour nous jouer nos rôles !

Vous êtes jeunes, vous ; et nous, nous vieillissons !

On saura malgré tout vous donner des leçons.

Et vous n'irez pas loin sans voir à votre honte

Comme un mauvais Scapin vaut moins qu'un bon Géronte !

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