ACTE PREMIER b
C'était donc le bon temps? Oui, dans notre jeunesse.
Dieu me garde aujourd'hui que ce bon temps renaisse î
Il me faut désormais par jour mes trois repas,
Et, quand je suis devant, qu'on ne me trouble pas.
r^ bon temps, c'est celui des digestions calmes.
J'ai su me taire un lit de lauriers et de palmes,
Dis-tu. Laisse-moi donc y dormir. C'est si bon !
Je ne veux point finir, aventurier barbon,
A tendre mon vieux casque ainsi qu'un Bélisaire;
Et puisque j'ai vaincu la faim et la misère,
Je n'ai plus qu'à vieillir, tranquille, gras et doux.
Comme Cincinnatus quand il plantait ses choux.
Près de ton Barnabe, n'est-ce pas? Tu veux prendre Son fils Antoine, un sot, un bélître, pour gendre?
SCAPIN
Mais sans doute. Un notaire ! Où puis-je trouver mieux ? Des bourgeois, vénérés, notables.
DORINF.
Ennuyeux.
SCAPIN
Non, graves, tout au plus.
DORINE
La femme...
SCAPIN
Une malade !
Oui, ses vapeurs! Toujours le cœur en marmelade I Quant au père, un grigou.
SCAPIN
Je m'en suis
aperçu.