‹ Monsieur Scapin; comédie en vers. Nouv. éd., contenant la version en deux actes et la version en trois actesChapitre 42 sur 84 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

DORINE

Oui-dà, qu'elle le prenne en tout, et s*y maintienne. Telle est ma volonté, si ce n'est pas la tienne. Crains-tu qu'elle ne tourne à mal en m'imitant ? Je lui souhaite, moi, d'en toujours faire autant. Et d'être à ma façon brave, honnête et fidèle. Soit dit sans me flatter, je suis un bon modèle ; Et de ces femmes-là, qui n'ont jamais bronche, Tu n'en trouveras pas à revendre au marché.

SUZETTE

Maman, tu parles d'or.

SCAPIN

Parler d'or, c'est se taire.

Mais vous, si l'on semait votre salive en terre, Les paroles soudain y viendraient par moissons.

DORINE

Cependant...

SCAPlN.

Assez 1

SUZETTE

Mais...

SCAPIN

Encore I Ah I finissons.

J'ai d'autres chats que vous à fouetter. Notre hôtesse, Comment va-t-elle ?

DORINE

Bien. Elle dort.

SUZETTE

Et quand est-ce Que l'on dîne?

SCAPIN

Ma foi ! je n'en sais rien. Tenez, Puisque leur poule au pot nous passe sous le nez, Rentrez à la maison ; vous mangerez ensemble. C'est encor le mieux. Hein ! Dorine, que t'en semble ?

DORINE

Moi, je n'ai pas d'avis. J'attends tes ordres.

SCAPIN

Bien.

Alors, partez.

DORINE

Et toi, tu ne mangeras rien?

Oh ! moi, je reste ici.

SCAPIN

DORINE

Pourquoi ?

SCAPIN

C'est mon affaire.

SUZETTE, quia couru jusqu'à la maison et qui en revient avec du pain et un verre de vin.

Au moins, prends ce quignon de pain, et bois ce verre. Tu ne peux demeurer à jeun jusqu'à ce soir. Faut-il que je t'apporte un siège pour t'asseoir?

• SCAPIN, buvant et mangeant.

Non, merci. Mais, vrai Dieu ! te voilà bien gentille.

SUZETTE

Oh ! je ne t'en veux pas, moi, pour une vétille. Et puis, j'ai maintenant le cœur tout réjoui. Car je devine bien pourquoi tu restes.

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