ACTE TROISIÈME
RAFA
C'est non.
ISCAPIN.
r Comment, c'est non ? Réfléchissez, madame.
RAFA
lue je réfléchisse î Ah ! vous n'avez donc point d'Ame ? Tous n'avez donc jamais aimé, fût-ce en rêvant ? '^Vous n'avez donc pas eu vingt ans, vous ?
SCAPIN
Si ; souvent.
RAFA
Et vous osez tenter, par force ou stratagème,
1 > arracher à mes bras le tendre objet que j'aime I
SCAPIN
Antoine, un tendre objet !
RAFA
Oui, l'homme qui, vainqueur, Pour la première fois a fait battre mon cœur I
•h ! oh !
RAFA
Si Ton vous dit que non, Ton me diffame . Ah ! monsieur, soyez bon pour une faible femme. Laissez-nous être heureux ! Ayez pitié de nous ! \u nom de vos vingt ans j'embrasse vos genoux. ' 'hservez de quels pleurs se mouille ma paupière. ^fonsieur, vous avez donc des entrailles de pierre ?
se A PIN, la relevant.
Oh I madame, voyons I Oui, vos larmes, charmant ! Très bien exécuté ! Ça, très bien. Mais, vraiment, A m'en laisser conter je suis plus difficile. Kegardez-moi. Je n'ai point l'air d'un imbécile. Amoureuse d'Antoine ! Eh ! je sais comme il est. Antoine est bête. Antoine est gauche. Antoine est laid.
RAFA
Mais, s'il est tel, pourquoi voulez- vous me le prendre?
SCAPIN
11 est tel comme amant, mais parfait comme gendi*e.
RAFA
C'est ce que penserait mon père, s'il vivait.
SCAPIN
Mais Antoine...
RAFA
C'est vous qui lui donnez brevet D'être laid, gauche et bête. Un mari très soi*table.
Allons, ma chère enfant, jouons cartes sur table.
A quoi bon biaiser et faire au plus subtil ?
Vous voulez de l'argent, hein ? Combien vous faut-il ?
RAFA
Pour qui me prenez- vous, monsieur ? Quelle infamie !
SCAPIN
Encore les grands mots I Fi donc, ma belle amie I