ACTE TROISIÈME
RAFA
C est que vous ignorez sans doute, en ni'outrageant, Qui je suis, d'où je sors. A moi, parler d'argent ! A moi ! D'un soin pareil qu'on me croie occupée !
SCAPIN
Madame...
RAFA, montrant les portraits.
0 ma famille ! 0 grands hommes d'épée ! Entendez- vous comment dans ma propre maison On ose devant vous ternir notre blason ? Aïeux bardés de fer, qui, forçant des bastilles, Jonchâtes de vos corps le sol des deux Castilles, Faut-il que le malheur...
SCAPIN
Ne vous fatiguez point.
Votre histoire, je la connais de point en point. Ile noble. Un sang pur. Une famille ancienne. us étiez tout enfant, quand une Égyptienne us vola. Votre mère, hélas! n'en parlons pas. tre jour de naissance est son jour de trépas. s illustres aïeux, gens d'estoc et de taille, at tous morts en héros sur des champs de bataille. Ancêtres paternels, ancêtres maternels.
Et votre père aussi, tous étaient colonels. Pauvre enfant I Triste sort ! La fortune acharnée Vous fit déchoir du rang auquel vous étiez née. De cette Égyptienne on vous délivra bien ; Mais votre patrimoine était réduit à rien ; Et de tant de grandeurs, digne objet de vos larmes. Il ne vous reste plus qu'un oncle, maître d'armes.
RAFA
Monsieur, vous vous moquez de moi.
SCAPIN
Pas un moment.
Ce que j'en dis, c'est pour vous prouver simplement Que ces histoires-là, je sais ce qu'en vaut l'aune, Et qu'il ne me faut pas traiter comme un béjaune.
UAFA.
C'est vrai. Vous n'êtes pas de ceux qu'on prend sans vert. Aussi bien vaut-il mieux paner a cœur ouvert. Jouons franc jeu, c'est dit. Et voyez si je triche ! Antoine, je n'en veux que parce qu'il est riche.
SCAPIN
Erreur I Son père joue, et l'héritage entier...
RAFA
Mais sa mère?
Sa mère I
RAFA
11 en est héritier.
J'ai vu leur contrat: biens dotaux, réserve expresse. Tiens ! Je parle déjà comme une notairesse.
SCAPIN
Vous, notairesse I Rien que ça ! Vous valez mieux. Les notaires, c'est un monde bien ennuyeux. Il vous déplaira fort, ma chère.
UAFA.
Ah ?.. Mais la caisse, Elle me plaît assez. A vous aussi, hein ?