ACTE TROISIÈME SCAPIN
De pauvres biens dotaux
Qu'est-ce ?
RAFA
Réservés.
SCAPIN, d'un air de doute.
' Réservés?
Le père est un matois, très retors, vous savez. 11 a dû s'arranger pour tourner la réserve. Et puis, là, franchement, une fille de verve Comme vous, délurée, avec ces beaux yeux-là. Doit-elle s'arrêter parce qu'elle enjôla Un Antoine, un petit bourgeois, un rien qui vaille? Allons donc I C'est honteux pour vous. Quand on travaille Ainsi que vous pouvez le faire, mon enfant, n faut tendre plus haut, d'un pas plus triomphant. Et mettre le grappin sur un trésor plus ample : Prince, rentier au moins, un vrai.
UAFA.
Vous, par exemple ?
I8CAPIN.
Pourquoi pas?
RAF A, à part.
Tiens, tiens !... Bouli ! que je suis béte !
SCAPIN
Quoi?
RÂÏÏk,
lien. Ah I ah I je ris.
s C A P I N , la pressant.
Mais...
RAF A, lui donnant de l'éFentail sur les doigts.
Monsieur, tenez- vous coi.
Vous avez de l'esprit; mais j'en ai plus encore. A votre tour, pourquoi me traiter en pécore? Revenons, s'il vous plaît, à nos petits moutons.
SCAPIN, à part.
Diable! Elle est fine. (Haut.) Alors?
Alors, rien. Nous restons Sur nos positions. Mon avis est le même Que tout à l'heure. C'est bien simple. Antoine m'aime ; Devenir son épouse est tout ce qu'il me faut, Et mon ambition n'aspire point plus haut. Comme vous le voyez, elle est fort ingénue. Les princes, les rentiers, j'en suis tant revenue ! Je suis lasse de courre un gibier de hasard, Et voudrais un peu vivre à la douce, sans art, Sans danger, dans un tout petit bonheur prospère. Je vous ai grand merci de vos conseils de père ; Mais, touchez là, monsieur, je n'en userai pas. Le mariage seul a pour moi des appas.
Et malgré tout, mes yeux, ma verve, mon adresse, Je me contenterai d'être une notairessc Et de goûter enfin, dans ce monde ennuyeux, Une paix que j'ai bien gagnée, ô mes aïeux !
SCAPIN
Vous n'éijcuscrcz pas Antoine.
Al.TK TUOISIÈME
Je Tépouserai.
RAFA
Si, mou maitic,
se A PIN.
Point, je puis vous le promettre; Car j'y u)ettiai bon ordre.
RAFA
Ah î vraiment ! Et comment?
C'est mon secret. D'abord, quant au consentement...
Mais de son père.
RAFA
Peuh!
le consentement de qui ?
SCAPIN
RAFA
Je l'aurai.
SCAPIN
Bahl
RAFA
Oui.
SCAPIN
Quand ?
RAFA
Tout à l'heure, j'espère.
SCAPIN
Et comment, je vous prie?
RAFA
Ah! pardon! A mon tour, C'est mon secreL
U8 MONSIEUR SCAPJJS