ACTE TROISIÈME lOô
RAFA
Et nous, vous sachant ladre et dur à la détente. Nous vous en demandons pour seul et simple prix La main de votre fils, dont mon cœur est épris.
ESPLANDIAS.
l>e plus, pour mon neveu plein de sollicitude, ,If voudrais que vous lui cédassiez votre étude.
RAFA
l]t c'est tout
BARNABE
Quoi ! C'est tout? Mais vous me ruinez !
ESPLANDIAS.
Préférez-vous ici le juge avec son nez ?
Nous plaîrait-il aller où l'on rame par paire?
ESPLANDIAS.
Il faut choisir, pourtant : ou forçat, ou beau-père !
BARNABE
Mais c'est horrible I Mais vous êtes des brigands. A l'aide !
RAFA
Modérez ces cris extravagants.
Nous vous ferez du mal.
ESPLANDIAS.
Songez à vos catarrhes.
RAFA
I^uis, nous ne sommes point des Turcs ni des Tartares.
Comme un petit Saint-Jean vous laisse-t-on tout nu ? Non. L'on vous fournira de quelque argent menu Pour pouvoir, au tripot ou dans votre entourage. Jouer tout doucement comme il sied à votre âge. Allons, vos sentiments sont-ils plus résignés ? Tenez l Papier, plume, encre. Écrivez, et signez.
BARNABE
Non. je n'écrirai point. Du diable si je bouge !
llAFA, lui touchant Fépaule.
C'est là, monsieur, qu'on vous posera le fer rouge.
BARNABE, effrayé.
Ouais !
ESPLANDIAS, lui prenant la pied.
C'est ici, monsieur, qu'on mettra 1q boulet.
BARNABE, effrayé.
Grands dieux!
RAF A, montrant la fausse traite.
Tout ça dépend de ce petit poulet.
BARNABE, atterré.
Que faut-il que j'écrive ? Où faut-il que je signe ?
RAPA, lui désignant de l'index la place.
Écrivez là, monsieur. Datez, (ii date.) Puis, à la ligne !
Elle dicte et il écrit sous sa dictée.
Je, Barnabe, notaire, ayant tout mon bon sens.
Sans être en rien contraint, de mon plein gré, consens
A donner pour époux, à haute damoiselle
Rafa, mon fils Antoine, à qui, mari d'icelle.
Je céderai sans frais, par simple livraison,
Ma charge de notaire et toute ma maison.