‹ Monsieur ThiersChapitre 5 sur 18 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

et singulièrement dévié depuis que M. Thiers a quitté le monde, — qu'on a vu d'autres hommes, d'autres spectacles, d'autres systèmes ou d'autres procédés politiques. Tout ce qu'on voit ne sert qu'à remettre l'image de M. Thiers dans sa vraie lumière, et j'ajouterai, à sa vraie hauteur. Le souvenir toujours vivant de celui qui a montré comment on répare les désastres d'une grande nation est le jugement, c'est-à-dire la condamnation de ceux qui passent leur temps à ag^ graver ces désastres, à défaire ce qu'un généreux esprit de patriotisme avait fait, — en préparant peutêtre à leur pays de nouvelles et plus redoutables crises. En écrivant ces pages, je ne pouvais me défendre de cette pensée que, si M. Thiers avait été de ce monde, il aurait opposé la puissance de son esprit à tout ce qui met en péril l'avenir de la France ; il aurait été le chef naturel de la croisade du patriotisme et de la raison. Devenu par la mort un personnage de l'histoire, il parle encore un langage assez expressif pour tous ceux qui veulent l'entendre, et à la première page de ce livre destiné à le faire revivre je veux inscrire le nom de M. Mignet, qui a été pour M. Thiers le compagnon invariable de toutes les heures, — qui reste parmi nous le témoin respecté d'une des plus grandes existences publiques dans ce siècle.

15 mars 1884.

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