‹ Monsieur ThiersChapitre 4 sur 18 · IV AVA.VT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVA.VT-PROPOS

déclamation banale ni une forme de l'esprit d'opposition; il était patriote en homme prévoyant et réfléchi, familiarisé par une longue vie, par une étude de tous les instants avec les plus grandes affaires, avec les secrets de la diplomatie européenne, en homme toujours prêt à défendre les intérêts et la grandeur de la France contre les systèmes qui pouvaient les ruiner ou les compromettre. 11 était ainsi un patriote, un fils de la Révolution, un politique, et tout cela, il Ta été avec Toriginalité de sa nature, avec sa souplesse, son ardeur, sa raison ingénieuse, — avec cette clairvoyance si vive qui, à certaines heures, a eu comme un caractère saisissant et pathétique. C'est ce qui a fait sa popularité et son ascendant le jour où ont fondu sur la France des malheurs qu'il avait prévus sans pouvoir les empêcher.

Retracer cette carrière avec tout ce qu'elle a de séduisant et d'instructif, c'eût été toujours une œuvre digne d'être tentée. S'il y a un moment où cette œuvre puisse être particulièrement utile et opportune, c'est bien en vérité ce moment présent où ne régnent ni la prévoyance ni le bon sens, où tout semble se réunir pour relever la mémoire de celui qui a couvert sa vie d'une dernière illustration en ranimant cette France vaincue qu'il appelait » la grande blessée I » On ne juge quelquefois bien les hommes supérieurs que par ce qui les a suivis et par ceux qui prétendent les remplacer. 11 est certain que les événements ont marché

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