LE M AI II E
Ce n'est pas tout. Voilà trois Anglais qui arrivent aujourd'hui el qui demandent partout qu'on leur montre l'innocent... C'est humiliant pour nous autres. Sans compter que nous n'aimons pas les Anglais, chez nous. Ah! je ne vous le cache pas : les esprits sont joliment montés contre vous; vous avez manqué tout à fait de tact... (se radoucissant.) Voyons, Prêcheur, mon cher Prêcheur, comprenez donc la situation... ISTe vous exposez pas à des ennuis qui vous arriveraient infailliblement. Tenez, encore un exemple : le juge qui a instruit votre affaire a une propriété aux enviions où il habite pendant les vacances. Croyez-vous qu'il soit convenable que vous vous croisiez avec lui? Après l'accident... je veux bien dire l'erreur dont vous avez été victime, il n'y a qu'une ville habitable pour vous, c'est Paris. Allez-y, mon ami, c'est le conseil de ma vieille expérience. A Paris, il vous sera lacile de vous réhabiliter par une bonne conduite, une tenue correcte et digne. Certains
détails qui ont une importance énorme en province passent inaperçus dans la capitale... Et qui sait? pins tard peut-être vos compatriotes vous pardonneront-ils... et alors vous me trouverez au nombre de vos plus ardents défenseurs. Allez, mon ami, prenez le train de 8 h. 15; vous ne pouvez pas demeurer plus longtemps dans la commune.
JEAN PRECHEUR, triste.
Adieu, alors, monsieur le maire.
LE MAIRE
Au revoir, mon garçon... et bonne chance.'