LA VOIX
Je suis également candidat et je désirerais m'expliquer à la tribune.
Gris de : Oh ! Oh I LE PREMIER ORATEUR, brandissant un gourdin.
Un concurrent! Nous allons bien rire!
LE CANDIDAT, montant à la tribune.
Je reconnais le mérite du gourdin de mon honorable Concurrent... Mais... (n tire un revolver
de sa poche.) j'ai à tout hasard apporté cet objet qui rendra la discussion plus égale, (n vise l'orateur qui se calme immédiatement.) dépendant, SI 1 6-
minent orateur qui m'a précédé à cette tribune consent à mettre son gourdin de côté, je ren-
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trerai mon revolver et nous pourrons alors débattre les intérêts du peuple a^ec la liberté d'esprit qui convient à la grandeur du suffrage universel.
Vive approbation.
Je feiicie l'orateur de sa modération.
LE PREMIER ORATEUR
J'accepte avec joie un débat contradictoire. Nous voulons tous deux le bonheur du peuple ; expliquons-nous loyaleniëhi.
LE CANDIDAT, galant.
Commencez donc.
Il descend de la tribune.
LE PREMIER ORATEUR
Citoyens, électeurs et chers compatriotes, je n'étonnerai personne en affirmant que ce qui manque le plus au prolétaire, à l'ouvrier, c'est un capital... Le capital $ citoyens, est entre les mains des capitalistes : voilà la plaie de notre époque et la honte de notre société. (Assentiment.) Enlevez le capital des mains des capitalistes, remettez-le dans celles de l'ouvrier, vous avez une société transformée et rajeunie. (Bravos répétés) Je propose donc que chaque prolétaire reçoive à l'âge de dix-huit ans, cinq mille francs. Que
LE BONHEUR DU PEUPLE 2'i7
ceux qui veulent ciiu[ mille francs lèvent la main!
UNE VOIX
Les donne-t-on tout de suite?
LE PREMIER ORATEUR
Je rii engage à les faire distribuer immédiatement après les élections.
Emotion dans l'assemblée, nruils di vers. Kxcla mations: llam! Est-ce bien sûr! un ne sait jamais ! Tout ça, c'est peut-être lies bldguës!
LE CANDIDAT, voyant l'assemblée bouleuse. Cinq mille francs! que voulez-vous qu'on fasse avec cinq mille francs? (cris de : c'est vrai t c'est vrai!) Ce n'est pas assez ! Je propose que tous les ouvriers reçoivent dix mille francs!
Bravos prolongés.
LE PREMIER ORATEUR
Ah! c'est comme ça! Eh bien; j'en offre quinze mille !
LE CANDIDAT) défiant son concurrent du regard. Vous ne m'épaterez pas. Vingt mille!
Acclamation.
LE PREMIER ORATEUR
Vous ne m'épaterez pas non plus!... Vingleinq mille, et je demande en outré que tous les ouvriers soient exemptés d'impôts et reçoivent une bouteille de vin par jour...