SÉANCE DU 23 JUIN
Cette plante sarmenteuse, mais dont la tige grêle n’a pas atteint, depuis plusieurs années, plus de 2 mètres de longueur, a développé, au mois de mai dernier, sept grandes fleurs semi-doubles, blanches, larges de O™,10 ou un peu plus, dont chacune terminait un rameau simple, long de 4-5 entre-nœuds et qui partait directement de la tige. Je regarde comme à peu près certain qu’elle appartient à la variété horticole du Clematis lanuginosa Lindl. qui a été nommée Duchesse d’Edimbourg. La particularité qui m’a frappé en elle, c’est que, sous chacune de ses fleurs, il s’était produit un verticille de feuilles au nombre de six à huit dans chacun, parmi lesquelles quelques-unes avaient pris à des degrés différents la coloration blanche et la minceur des sépales pétaloïdes de la fleur, et qui en outre ressemblaient d’autant plus à ceux-ci pour la forme et les dimensions que leur pétalisation avait été plus complète. Pour six de ces fleurs, ce .verticille semi-floral était séparé de la fleur par un entre-nœud long de 0 m ,07-0 m ,08 et tout à fait semblable aux autres du même rameau, tandis que, pour la septième, un verticille tout semblable se trouvait immédiatement sous la fleur qui, comme par compensation, était divisée en deux moitiés entre lesquelles se trouvait un gros axe laineux, long de 0 m ,01, épais de 0 m ,005. La moitié inférieure de cette fleur comprenait une spirale surbaissée de dix sépales pétalisés ; la supérieure était constituée par une vingtaine de sépales dont les inférieurs étaient semblables aux premiers, tandis que les autres devenaient plus petits en se rapprochant du centre et dont les cinq les plus internes avaient des dimensions bien moindres avec une forme toute différente, car, au lieu d’être oblongs-lancéolés, ils étaient spatulés et terminés par une échancrure de laquelle partait un petit filet
ressemblant beaucoup à une anthère, et qui indiquait ainsi leur formation par pétalisation d’un filet.
Dans les verticilles subfloraux, il y avait le plus souvent deux feuilles entièrement pétalisées et dès lors entièrement blanches, oblongues lancéolées, rétrécies graduellement à leur base en un long coin qui constituait un véritable onglet; celles au contraire qui étaient restées vertes, de texture et consistance foliacées, avaient un limbe notablement plus grand, plus ou moins cordiforme, largement ondulé, qui surmontait un vrai pétiole long de 2 ou 3 centimètres. Les autres formaient entre les deux une transition tant au point de vue de l’étendue pétalisée que des dimensions et de la conformation.
On voyait donc, au total, dans ces verticilles subfloraux un passage,
facile à suivre, de l’état d’organe normalement foliaire à celui de sépale pétalisé normal.
L’organisation que je viens de décrire était certainement accidentelle et ne peut être regardée comme une particularité habituelle chez la