‹ Mont-Revêche (volume 2)Chapitre 1 sur 14 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Voici encore un roman à propos duquel on dira proba- ■kaient comme on a dit à propos de tous ceux que j'ai faits, "rame on dit à propos de tous les romans en général : '"l'est-ce que cela prouve?

toii, il y a une classe de lecteurs qui s'irrite contre auteur qui ne conclut pas. Mais, en revanche, il y a une ■ ilre classe de lecteurs qui voit dans tout détail un plaider, dans tout dénoûment une démonstration, et qui, élément, s'irrite de la conclusion qu'elle impute à l'au- '?ir. L'une et l'autre classe de lecteurs vit de ce préjugé,

'^-accrédité dans fhistQire.4es ails,, que le.rpman doit

tiroir une conclusion* flj& idées 'qu'il sbulçvg :ei prcm- "r quelque chose. : * *•• * ** • •••••••

Je n'ai jamais songé à dejjiafodçr Tien «de* te genre aux 'jvrages d'art; voilà pourquoi ^jtAf ait jamais songé à "imposer rien de semblable.. fiÇpa^ïm^^tcfo il m'est per- J«> aujourd'hui de répondre jà'ckîê.objt^îmn injuste, non î^ quant à moi peut-être, car il est fort possible que je n'aie fait preuve que d'impuissance en ne concluant pas, ■mb injuste au premier chef envers le roman en général.

On aime assez, depuis les contes de fées jusqu'aux métrâmes, que le vice soit puni et la vertu récompensée. ^ourmon compte, cela me plaît aussi, je l'avoue; mais '^la ne prouve malheureusement rien, ni dans un conte ni 'dos un drame. Quand le vice n'est pas puni dans un livre '* sur un théâtre, ce qui est tout aussi vrai dans la vie celle que le sort contraire, il n'est pas prouvé, pour cela, i;;e le vice ne soi t pas haïssable et punissable. Quand la •rtu n'est pas plus récompensée dans la fiction littéraire

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qu'elle ne l'est souvent dans la réalité, l'auteur, eût-il voulu prouver cette énbrmité que la vertu est inutile en ce monde, n'en aurait pas moins prouvé une seule chose, à savoir, qu'il est fort injuste et quelque peu absurde.

Qu'est-ce que la fable d'un roman, d'une tragédie, «d'une narration quelconque? C'est l'histoire vraie ou fictive d'un fait, c'est un récit. Voilà ce que j'appellerai le roman dû roman. Tout ce qu'on y fait entrer d'ornements pour la peinture, ou de réflexions pour la pensée, n'en est que l'accessoire; mais ce sont des choses si distinctes, que ces accessoires semblent quelquefois assez agréables pour faire oublier et pardonner la mauvaise combinaison de l'action, tandis que, parfois aussi, l'intérêt et l'habileté de cette combinaison font que le style sans charme et les détails sans vraisemblance trouvent grâce devant le lecteur. Mais je demande ce qu'un fait a jamais prouvé, et je défie bien qu'on me réponde. Si aucun fait particulier ne prouve dans l'histoire réeile des hommes, comment le récit d'un fait imaginaire prouverait-il? Gomment pourraftil être *in^ué V&nîirie ;unfe*tt)lHJusion quelconque aux théories* qttVkfffarrateuY & puârafover et discuter en passant, ou faire* «(ftscuier.nai» se$ personnages? En vérité, que le bon içSb*TU?be*j!tt, maMvais à la fin, ou que le méchant mange/l&iuàie,.qjie.k veuve se console ou meure d'une fluxidjft ^p&trme^gui fe traître fasse fortune ou qu'il aille aux'gatères" que lïiômme vertueux soit récompensé par la société ou par le simple témoignage de sa conscience ; j'avoue que cela m'est bien égal, pourvu que leurs existences se soient liées et dénouées d'une manière qui m'intéresse jusqu'au bout. Je me trouverais par trop simple, si j'attendais après le parti que prendra la fantaisie de 1 ajateur, pi m mi fll'n iiiiii npininn llir Ir .Tnjj;t le faux dans la nature, sur le juste ou l'injuste danslasocïété.

Si le vaisseau qui ramène Virginie ne faisait pas naufrage au port, cela prouverait-il que les chastes amours «ont toujours couronnées de bonheur? Et de ce que ce maudit vaisseau sombre avec l'intéressante héroïne, eela

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