LE COM MERCE AVEC LES PETITS
Le bon pere que Dieu me donna, qui n'a de moy que la recognoissance de sa bonté, mais certes bien gaillarde, m'envoya, dez le berceau, nourrir à un pauvre village des siens, et m'y teint autant que je feus en nourrice, et encores au delà ; me dressant à la plus basse et commune façon de vivre.
Son humeur visoit à me r'allier avecques le peuple, et cette condition d'hommes qui a besoing de nostre ayde ; et estimoit que je feusse tenu de regarder plustost vers celuy qui me tend les bras, que vers celui qui me
tourne le dos : et feut cette raison, pour quoy il me donna à tenir, sur les fonts, à des personnes de la plus abjecte fortune, pour m'y obliger el attacher.