‹ Montaigne chrétien; réflexions tirées de "Essais."Chapitre 64 sur 90 · FOLIE DU PECHEUR · texte numérisé non relu

FOLIE DU PECHEUR

Si nous le croyions, je ne dis pas par foy, mais d'une simple croyance ; voire (et je le dis à nostre grande confusion) si nous le croyions et cognoissions, comme une aultre histoire, comme l'un de nos compaignons, nous l'aymerions au dessus de toutes aultres choses, pour l'infinie bonté et beaulté qui reluict en luy : au moins marcheroit il en mesme reng de nostre affection que les richesses, les plaisirs, la gloire, et nos amis. Le meilleur de nous ne craint point de l'oultrager, comme il craint d'oultrager son voisin, son parent, son maistre.

igO MONTAIGNE CHRETIEN

Est il si simple entendement, lequel ayant d'un costé l'object d'un de nos vicieux plaisirs, et de l'aultre, en pareille cognoissance et persuasion, Testât d'une gloire immortelle, entrast en bigue de l'un pour l'autre ? et si, nous y renonceons souvent de pur mespris.

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