‹ MontaigneChapitre 16 sur 100 · Jlliian. Histoire de Bordea · texte numérisé non relu

Jlliian. Histoire de Bordea

AVANT LA SAGESSE. i r>

çant, d'être (Finie rectitude de parole inflexible; ils oui cette autre qualité de deviner où sont les sources de gain et d'y courir.

A la troisième génération, dans le premier quart du xvr siècle, le comptoir paternel, malgré ses besognes diverses, parait étroit à celui qui doit y vivre. Pierre Eyquem, le nouveau chef de la famille, s'échappe vers l'Italie, soldat, fils d'un père marchand. Toute la jeunesse française, toute la jeunesse gasconne courait à ces royaumes merveilleux où il faisait si bon vivre, où l'art était si agréable et si brillant, où la gloire récompensait la bravoure et dont la conquête était si aisée. Mêlas î combien de ceux qui cédèrent au mirage, revinrent du pays de Machiavel, gâtés d'âme et de corps ! Pierre Eyquem ne souffrit ni dans sa santé morale, ni dans sa santé physique. La civilisation italienne séduisit sans l'intoxiquer cet esprit peut-être un peu rude; H puis la pureté des mœurs et la droiture du cœur accompagnaient Pierre Eyquem.

11 revint, épris d'humanisme, aimant les gens doctes. quoique ignorant lui-même, et avec ces justes ambitions municipales, ou plutôt ce patriotisme local dont les principautés italiennes lui avaient montré I<' prix et la fécondité. Il se marie au passage avec une Toulousaine, Antoinette de Louppes, fille ou petite-fille de Juifs portugais1, rude femme qui, nonagénaire, après avoir enterré presque tous les >ien>. écrivait dans son testament « solenmel » : « 11 est notoire que j'ai travaillé

1. Mvlxeziv, op. cit., et St.vi'fe», la Famille et les amis de Montaigne.

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de quarante ans en la m c mon m h i, en manière que p ir mon travail, ei ni' la dite maison i andement 6valu<

bonifiée i f aug mentée. El . \h i epria - 1 Pendant qu'elle « i aluait, bonifii mentail La maison de Montaigne . i' ■ i i, lui,

était plus préoa upé des in B iui que d

siens propres, il ai ail pai couru toute la i honneurs municipaux, et en des tempe troubléi ville soulevée, assassinant le gouverneur que le roi lui a donné, et la vengeance royale, ei la p< tous les privilèges, Pierre Eyquem avait tout vu; maire de Bordeaux, allant sans cessée la cour, il avait essayé de tout réparer. Méme« vieil », il avait rame « si cruellement agitée de cette b icasserie publique . qu'il en « oubliait le doux air de sa maison, et son ménage et sa santé1». Il parlait peu et bien il « mêlait, son langage de quelques ornements de livi vulgaires, surtout espagnols. » Petit de taille, mais fort soigneux de « l'honnêteté et décence de sa personne et de ses habits », il avait une prodigieuse vigueur. A soixante ans, il sautait avec sa robe fourrée sur un cheval; il faisait le tour de la table sur son pouce. Il avait une « monstrueuse foi en ses paroles, et une conscience et religion en général penchant plutôt vers la superstition que vers l'autre bout-». Son fils l'appelle « le meilleur père qui fut onques:;».

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